Dans ma pratique de psychologue, je fais souvent le parallèle entre le bonheur, et l’apprentissage de la bicyclette. Le bonheur, ça s’apprend ! Plus on le pratique et meilleur on devient. Si cette sensation éphémère n’est pas contrôlable, force est de constater que ceux qui ont décidé de le chercher l’on trouver. Quelle est notre capacité à voir où se situe le bien dans ce qui nous entoure, à chaque instant de la vie ? Plutôt que de spéculer sur l’avenir, ais-je l’humilité, le courage et la force d’aller prendre conseil auprès de personnes ayant vécus des situations proches de celles que je me prépare à vivre ? Ce qui m’épargnera bien des déconvenues ! Bref, quelle est ma capacité grâce aux conseils des personnes avisées à transformer la contrainte en opportunité ?

« De l’art du bonheur » : Par Christophe André

« -Le bonheur est-il un état d’esprit ? Une opération mentale ? Une décision ? Un effort ? Une volonté ? Une construction intérieure ? Il est tout cela, le plus souvent une fois réunies les conditions matérielles minimales nécessaires à sa présence.
C’est à la fois une bonne nouvelle : notre bonheur dépend de nous même.
Et une mauvaise nouvelle : nous en sommes responsables.
Et cela va demander travail et efforts. Le bonheur n’est jamais –ou pas souvent- donné, ni offert. Mais il est en revanche toujours accessible à l’immense intelligence humaine. L’intelligence du bonheur existe, elle relève chez certains d’un tallent, chez d’autres d’une lutte ; elle nous est accessible.

D’où vient cette étrange idée reçue que le bonheur doit être spontané?

La ‘punition divine’ lancée à nos ancêtres Adam et Eve : « -Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » c’est aussi : « -Tu gagneras une partie de tes bonheurs à la sueur de ton front ».Que cela soit fait de la malédiction divine ou de la condition humaine. Le bonheur n’est pas une chance mais une intelligence. Qui peut s’apprendre et se développer. »

On dit souvent que la vie est un combat. Le bonheur aussi. Surtout pour ceux que la vie n’a pas gâtés au départ. Que nos handicapes soient visibles, comme ceux qui nous touchent dans notre chaire, ou qu’ils ne le soient pas, comme ceux qui proviennent de nos angoisses, de notre spleen, ils nous fournissent toujours de nombreuses raisons de ne pas être heureux.
Mais, une fois établi cet éternel constat, -il existe des gens plus heureux que nous et d’autres moins heureux-, quel prétexte nous reste-t-il  pour continuer de ruminer notre mal de vivre ? Cette position de victime de l’existence est d’autant plus dangereuse qu’elle peut faire de nous des intouchables que plus personne n’osera approcher, guider ou conseiller. Cela aggravera notre solitude et notre handicap. Et cela nous renverra finalement à nous nous même. On ne peut pas être toujours heureux. Mais on peut, aussi souvent que possible, penser à laisser la voie libre au retour de notre bonheur.

La pédagogie de la Joie :

Par Charles Pépin, La Joie (Allary Editions 2015).

« -Le premier point est d’arrêter d’ « espérer », de cesser d’idéaliser une situation qui serait à venir. Il ne s’agit pas seulement d’accueillir le présent –plus facile à dire qu’à faire- . Il faut réellement combattre l’idéologie de l’espoir que notre époque prône tant.
En répétant aux plus déprimés « -Il faut y croire ! » ; « -Tu as raison d’espérer ! » on les enfonce dans leur souffrance, car, d’une part, quand j’espère une amélioration et que je vois qu’elle ne vient pas, j’ajoute de la déception à mon malheur. D’autre part, cela m’empêche d’arriver à aimer ce qui est là, puisque j’ai déplacé mon énergie et ma force vers ce que qui n’est pas.
De la joie dans la souffrance ?
Parce que la souffrance nous connecte à la réalité et que c’est dans la réalité que survient la joie. Rêvasser, idéaliser engendre la tristesse : « -J’aurais pu naître là, mais non… », « -J’aimerais tant être ou avoir ceci, mais non…. ».A l’inverse, dans la souffrance, la désillusion, l’échec, on se heurte au réel qui résiste. Or, la joie ne peut surgir que du réel. Il ne s’agit pas de valoriser la souffrance, mais plutôt de comprendre que l’acceptation de ce qui est constitue une étape indispensable pour trouver ensuite, la force de changer les choses. »

« -Donne moi la force d’accepter ce que je ne peux changer, le courage de changer ce qui peut l’être et la sagesse d’en connaitre la différence ». Marc Aurel.

Être et avoir….Ou l’exemple du paradoxe japonais :

Il y a 30 ans, les japonais vivaient humblement (niveau de confort et d’équipement technologique très inférieur à celui de l’Europe et les Etats-Unis). Des études sociologiques montrent qu’ils formaient l’une des nations les plus heureuses au monde. Aujourd’hui, ils ont devancé les pays occidentaux. Le résultat de cette formidable avancée tant économique que technologique, c’est qu’ils sont malheureux !

Cultivez la philosophie de sortir de la culture de l’objectif (prouver sa réussite par ses possessions : gagner plus pour consommer plus).

Lâchez le regard du « but » et transférez votre regard vers le « chemin ». Lorsque « là où je vais » n’est plus dans un impératif d’urgence, nous redonnons de la place au « comment j’y vais ? Quels paysages m’offre le chemin que j’emprunte ? ».

 

Faire ici et maintenant :

par Alexandre Jardin

« -L’engagement  social: Les gens qui s’engagent concrètement (pour leur entreprise, leur quartier, leur pays ou tout type d’association ou de mouvement) vont beaucoup mieux que la plupart des passants……Car ils font !
Ils se délivrent de leurs indignations diverses par l’action immédiate au lieu de gémir devant leur télévision ou de déléguer leur colère à des politiques –Ce qui ne rend pas heureux-. La thérapie par l’engagement, ça existe ! La « Non Action » a un coût psychologique absolument dingue. Subir les bombardements médiatiques sans agir soi même nuit gravement à la santé.
»

Des faits :

Par Florence Servant-Shreiber.

« -Plutôt que de ressasser, de ruminer, posez la réalité de manière factuelle (vous pouvez vous alarmer dès que vous prononcez les mots « toujours » ou « jamais »). Dans un moment négatif, mesurez de manière précise la réalité. Cet exercice s’appelle « La loi de l’exception » : Combien de fois réellement chez l’autre et combien de fois chez moi? Vous vous sentirez instantanément mieux. »

La pratique sportive :

A chaque état d’âme correspond une activité physique qui vous aidera à l’apprivoiser en douceur :
Colère : Aïkido, tir à l’arc, Kinomichi, cheval…
Coup de blues : Salsa, zumba, tango…
Pour cultiver l’enthousiasme : tous les sports d’équipe : de la pétanque au beach-volley en famille.
Pour renforcer la confiance en soi : escalade, équitation (apprendre en douceur la maitrise de la peur).
Amertume : évitez la co-rumination ou la compassion vaseuse d’amis bienveillants et impuissants à vous faire progresser. Rejoignez un groupe de marcheurs, de photographe, de plongeur (retour à la contemplation positive partagée).

Enfin les sport d’endurance ont un impacte sur la sécrétion des neurotransmetteurs associés à la sensation de bonheur (dopamine, noradrénaline, sérotonine et ocytocine.)

Se sentir beau / Belle :

Il s’agit d’une émotion come être joyeux, triste ou en colère. Ce sentiment ne se contrôle pas directement et ne semble d’ailleurs pas être corrélé à nos efforts lorsque nous abordons ce thème de manière frontale. La perception de notre beauté se transforme en permanence. Elle est fluctuante et souvent négative lorsque nous nous soumettons à l’injonction d’être beau/ belle suivant les cannons de la mode retouchée par Photoshop. Mais lorsque le sentiment d’ingratitude physique persiste, il peut se transformer en humeur puis en tempérament. Soit nous cherchons à ressembler aux mannequins de mode, soit nous cherchons à nous en affranchir sans réellement y parvenir ! Sommes-nous condamner à souffrir ?
Pour sortir de cette impasse, il convient de faire l’expérience de sa propre beauté. Celle qui nous convient et non pas celle qu’on nous impose. N’allons pas chez le coiffeur que pour être beau / belle mais aussi pour passer un bon moment (s’accorder du temps pour prendre soin de soi), n’endurons pas le sport dans l’objectif unique de maigrir, mais profitons surtout du plaisir et du bien être qu’il nous procure…. Cultivons la notion de nous faire du bien. Posons sur nous-mêmes un regard plus indulgent, plus empathique. Explorer ses qualités dans la globalité de son être (gentillesse, générosité, altruisme, humour…) permet de se sentir bien dans son corps.

L’épanouissement sexuel :

Si la capacité à s’abandonner repose sur la confiance en soi et en l’autre, le sentiment amoureux chez l’homme est moins nécessaire à la plénitude érotique que chez la femme.
La fusion passionnelle est un fantasme rarement accessible et qui s’effondre rapidement. Plus beau fut l’envol, plus dure sera la chute. L’extase lorsqu’elle est simultanée (chose rare) reste néanmoins très personnelle : l’écho produit chez l’un est toujours différente de celui de l’autre.
Ce qu’il faut chercher à construire avec son (sa) partenaire, c’es l’harmonie. Tout au long de l’existence, et pour chacun d’entre nous se succèdent une infinité de bonheurs sexuels possible. L’acte ne peut en aucun cas être stéréotypé.
Difficile d’en extraire des conduites généralisées.
La seule règle repose sur la nécessité de faire savoir ce que l’on veut à son (sa) partenaire, en restant très à l’écoute de ce qu’il (elle) se sent capable de donner et ce dont il (elle) a envie. L’altruisme et le don de soit où l’on fait passer le plaisir de l’autre avant le sien ne permet pas de soutenir l’épanouissement du couple sur la durée. L’aptitude à faire don de soi est une condition essentielle au bonheur érotique, mais seulement lorsqu’elle est réciproque. Il faut sans cesse réapprendre les chemins du plaisir de l’autre et lui transmettre notre « mode d’emploi » à la foi psychologique et physique. Au fil des années, on apprend à accorder nos intimes. Comme des artistes, il faut travailler à deux à la composition évolutive de la symphonie des cors.
La fatigue et le stress ne sont alors plus des excuses car l’acte d’amour est un puissant réparateur.

Apprendre le bonheur à nos enfants :

Ne cherchons pas à trop les protéger. Donnons leur à connaître qui nous sommes. Sans leur en faire porter la charge, ils ont besoin de connaitre nos états d’âmes : tristesse, mon mal-être, craintes…. Rien n’échappe à leur ressenti et le fait d’exprimer clarifie et rassure.   Vouloir leur épargner la vision de nos malheurs et de nos inquiétudes provoque souvent chez eux des fantasmes négatifs dont la charge anxiogène et pire que la réalité. Ne leur vendons pas l’idée d’un monde rose : la vieillesse, la maladie et la mort existent !

Laissons les vivre leur vie (jusqu’à un certain point) : l’excès d’attention pédagogique est aussi nuisible que son absence. Là où nous cherchons sans cesse à les stimulé par des activités d’éveil, nous les privons de la créativité qui résulte de manque et de l’ennui. Accordons à nos jeunes enfants des « inactivités d’éveil ». Laissons-les prendre des risques et explorer à leur rythme. Méfions nous des injonctions qui tuent la joie « -fais pas ça ; -t’as pas honte »….. Préférez-vous avoir un enfant heureux ou un enfant parfait ? Les deux me direz-vous ! Il vous faudra alors accepter un compromis et accepter la frustration de voir nos enfants se construire sur d’autres bases que nos seules projections narciciques.

La vie est un jeu. Au départ pour l’école, il vaut mieux leur souhaiter «- amuses-toi bien » plutôt que « -travail bien ». Evitons l’ironie qui leur laisse croire qu’on se moque d’eux et, si quelque chose ne nous convient pas dans leur comportement faisons l’effort de l’exprimer clairement et sans agressivité.

Leur apprendre la gratitude : l’enfant doit reconnaitre ce qu’il a reçu de bon, remercier et donner à son tour.

Le bonheur à l’école :

Encourager la bienveillance et la coopération avec ses pairs. Cultiver le sentiment d’appartenance et le lien avec des groupes d’amis. (Les idioties de Gulli, les anniversaires, les idoles de dessins animés qui ornent tee-shirt et cartable constituent une culture  et un socle de sociabilisassions pour l’enfant. Avons-nous le droit de le priver de cela ?) Il convient d’encourager à demander l’aide des copains et à savoir leur en apporter.
Cultiver le désir d’apprendre dans un climat de confiance (L’échec n’existe pas, il n’y a que des tentatives à repenser et à renouveler jusqu’u succès).
Contrairement aux pratiques de l’éducation nationale, il est bon de développer les points forts et les talents avant que de chercher à combler les faiblesses.

 Cultiver l’optimisme :

Il y a l’optimisme d’illusion / dénie de réalité (l’optimisme niais), et un optimisme qui concilie réalisme et esprit critique (l’optimisme intelligent). Il planifie, et organise l’action dans l’usage optimale de nos ressources. Le pessimisme est utile parce qu’il attire notre attention sur les facteurs de risque et attise notre vigilance pour répondre à la complexité du réel. Mais, lorsqu’il se cristallise sur un évènement tragique du passer ou sur des regrets (pour teinter toute notre existence), il sape nos ressources.
Opter pour l’optimisme c’est rechercher un mode explicatif positif des évènements actuels, repérer les opportunités à venir et mettre en action nos talents. La plupart des obstacles à venir, peuvent être résolu par une ressource à ma porté. L’optimisme intelligent nous pousse à l’imagination et à l’initiative pour surmonter les obstacles.
-Un épisode désagréable est passager, spécifique à une situation donné et liés à des raisons extérieures.
-Transformer la contrainte en opportunité : plutôt que de céder à la tentation de « laisser tomber » recherchons quel bénéfice nous pouvons tirer de cette difficulté.
-Offrons nous le temps de savourer la beauté du monde et la bonté des gens. Donnons-nous le temps de douter, de gouter, de comprendre et d’apprécier sans urgence de conclure.
-Enfin, le bonheur étant contagieux, partageons du temps avec nos amis heureux.

Cinq exercices pour être heureux :

-Marcher quotidiennement 10 minutes  engendre de l’apaisement émotionnel. De plus vous pouvez rentrer dans une pratique au moins hebdomadaire d’un sport s’inscrivant sur la durée (idéalement plus de 45 mn). Si vous doutez de trouver le temps, prenez-le simplement sur celui passé devant la télé.

-Vivre l’instant : apprendre à s’arrêter, à se poser sans que notre esprit continue à « broyer de l’idée ». Si vous ne savez pas le faire, apprenez-le grâce à une pratique quotidienne de méditation. Il existe des accompagnements à la pratique de la pleine conscience tels que «Petit bambou» : https://www.petitbambou.com/

-Une fois par semaine, offrez-vous une séance de remerciement : passez en revue tous les gens qui vous ont apporté quelque chose de bon au cours de la semaine, prenez le temps d’imaginer qu’ils sont en face de vous et, mentalement, adressez leur vos remerciements pour telle ou telle chose. Ca va de votre enfant qui à mis la table à Vivaldi pour avoir écrit « Les 4 Saisons » en passant par votre boulanger pour sa tarte au citron! La gratitude, ça fait du bien : https://www.bing.com/videos/search?q=vous+%C3%AAtes+super+youtube&&view=detail&mid=620E0B1851E44A5E0247620E0B1851E44A5E0247&FORM=VRDGAR

-Se tenir droit rend plus heureux que de s’avachir.

-Souriez ! Faites l’effort de sourire pour que cela devienne lentement une habitude.