ON CONNAIT PLEIN DE CHOSES SUR LE CERVEAU…

« …Il en reste beaucoup plus à découvrir encore. Et surtout, il se pourrait que ce que nous en connaissons soit faux !. »


Le  cerveau simplifié

La première chose qui me vient à l’esprit en pensant au cerveau est la phrase de mon coach, psychiatre spécialisé en TCC et passionné par le cerveau : « -On connait plein de choses sur le cerveau. Il en reste beaucoup plus à découvrir encore. Et surtout, il se pourrait que ce que nous en connaissons soit faux ! ».
Voici donc un schéma du cerveau.
J’aime particulièrement cette représentation du cerveau en 3 couches empilées. Cette vision est très schématique mais aussi très parlante.
Le cœur est le cerveau reptilien, la couche intermédiaire le cerveau limbique et enfin à l’extérieur, le néocortex.
Plus on va vers l’intérieur, plus le cerveau est primitif et plus son influence est profonde sur notre fonctionnement interne. C’est comme si l’information traversait ces 3 cerveaux pour être intégrée par notre être. Plus nous avançons vers le centre, plus la puissance est importante.  La « raison » se fait dominer par l’« émotion » qui lâche prise face au « reflex ».
Il n’est donc pas toujours simple de conserver une certaine harmonie entre ces 3 cerveaux dont l’analyse peut être sensiblement différente voir contradictoire….

Le Néocortex est le cerveau de l’intelligence (réflexion, analyse, apprentissage)

Cette part du cerveau est rationnelle et factuelle. Elle veut garder la tête froide, éviter les situations de danger et les secousses émotionnelles. elle prévoit, elle organise, elle planifie de manière à ce que la vie se déroule le plus tranquillement possible. Elle est capable de « nier » une émotion dérangeante pour rester concentré sur sa mission d’analyse et de planification.
Trop sollicité, le néocortex devient une machine à sous-peser toutes les hypothèses jusqu’à ne plus pouvoir s’arrêter de ressasser : pensées envahissantes, multiples gênant la prise de décision.
Il convient alors d’en reprendre le contrôle par des exercices simples répétés plusieurs fois par jour ainsi que par la mise en place d’une meilleure écologie de vie.

Le cerveau Limbic est le siège de nos émotions

de notre relation au monde et aux autres. Tous nos ressentis y sont enregistrés. Les gros chocs ou la répétition d’émotions négatives, s’ils ne sont pas traités, y font comme des cicatrices ou des cales qui bloquent la communication avec le cortex.
Un choc très ancien (oublié du cortex) peut être réveillé par un incident mineur. C’est ainsi que s’inscrivent les phobies.
Prenons l’exemple de Mathieu : à l’âge de 5 ans, le véhicule de ses parents est pris dans un carambolage en série sur l’autoroute. Dégâts physiques bénins et sans conséquences pour l’ensemble de la famille. Par contre, les passagers restent prisonniers du véhicule pendant plus d’une heure avant d’être désincarcéré. La mère de Mathieu est paniquée.
31 ans plus tard, Mathieu est père de deux enfants, c’est un cadre très reconnu pour son implication dans son entreprise. Alors qu’il rentre en métro après une journée de 11 heures, un incident technique engendre un freinage d’urgence et une coupure de la lumière dans les rames pendants quelques minutes. Mathieu est pris d’une crise de panique. Il n’arrive plus à respirer. Il lui faudra plusieurs mois de thérapie avant de pouvoir reprendre le métro. L’épuisement nerveux général a permis à ce qu’un évènement sans gravité fasse exploser une boule d’angoisse bloquée dans l’inconscient depuis plus de 30 ans. Mathieu fut très étonné lorsqu’il s’autorisa enfin à reconnecter avec le souvenir de l’accident de voiture qu’il avait oublié. Car la mémoire émotionnelle dépasse largement les souvenirs. Elle va jusqu’à s’inscrire dans notre corps, nos os, nos muscles et les émotions toxiques et mal gérées viennent tôt ou tard perturber le « merveilleux silence de notre mécanique interne ».
Il est nécessaire de revisiter notre histoire et de donner leur juste place aux évènements de notre vie. Donner sa place à un évènement dramatique permet de s’en libérer.

Le cerveau reptilien est celui de l’instinct.

Il fonctionne sur trois modes : 1/fuite ; 2/ attaque ; 3/ inhibition d’action.
1/ La fuite : C’est ce qui sauve la gazelle du guépard.
« Quand j’ai vu que le rideau prenait feu, je suis parti en courant sans penser à déclencher l’alarme. Il est claire qu’il m’aurait d’ailleurs suffi d’utiliser l’extincteur et je sauvais mon appartement ».
« Je ne devrais pas laisser mon patron me parler de cette façon, mais bon, je ne sais pas quoi dire dans ces moments là tellement j’ai honte, je préfère baisser la tête. J’ai refusé cette promotion, car je redoute trop la confrontation avec lui. »
« Prisonniers du quotidiens, notre vie de couple s’essouffle…. J’ai pris un amant ! ».
2/ L’attaque : Alors que le bébé buffle ne peut échapper aux lions, la maman buffle se retourne à coups de corne et de pieds met les assaillants en fuite.

-« Soudainement, j’ai vu rouge… Je ne contrôlais plus rien ! »
-« Quand le pompier a entendu les cris d’enfant dans la chambre en feux, il s’est jeté au milieu des flammes alors qu’il était évident que le plancher allait céder. »
-« Casses-toi, pauv’con ! »

3/ L’inhibition d’action : Quand le lapin voit soudainement tourner l’aigle dans le ciel, il se fige. La couleur de son pelage se fond dans celles de la steppe et l’aigle ne le repère pas.
« Je crois que j’ai toujours su qu’elle me trompait. Je refusais simplement de le voir »
« Chaque fois que mon chef a des gestes équivoques, je perds tous mes moyens, je reste figé. Cela fait plusieurs semaines que ça dure et il devient de plus en plus insistant. J’en suis à redouter la reprise du travail le lundi matin. Je n’ai jamais osé en parler à quiconque ».
« Je sais que la cigarette me tue. Je sens bien que je perds de la capacité respiratoire. Je sais bien qu’il faudrait que je reprenne le sport. J’ai pas la motiv !.. ».

C’est dans notre cerveau que nait l’envie : Le profond désir d’aller vers notre essentiel.

Les dauphins en captivité, malgré les meilleurs soins, ne se reproduisent pas. Le travailleur le plus appliqué n’atteindra jamais la réalisation du passionné.
-« Et soudainement, à ma seconde année de fac, je me suis mis à être brillant. Moi qui avais toujours été un élève moyen. Et, le pire, c’est que je n’ai plus eu la sensation de devoir faire des efforts pour apprendre ». 
-« Elle tenait absolument à se marier et à avoir des enfants. Ce n’est qu’à 42 ans qu’elle a compris qu’elle préférait les femmes. Alors, elle est devenue heureuse ».
Il est important d’apprendre à écouter ce vers quoi nous guident nos comportements réflexe. Mesurer notre envie de laisser libre cours à nos comportements innés. S’accorder le droit de ressentir colère, peur, désir et pulsion. C’est seulement en donnant leur place à ces réalités que l’on peut élaborer une conduite harmonisée de nos trois cerveaux.