Enrayer les dépressions nerveuses

« Si tu plonges longtemps ton regard dans l’abîme, l’abîme te regarde aussi » Nietzche

 

La dépression nerveuse s’installe souvent de façon insidieuse : stress, lassitude, accumulation de fatigue, dérèglement alimentaire, morosité, irritabilité sont autant de signes qui doivent nous alarmera.

Il est extrêmement difficile de sortir seul de la dépression sans avoir recours à un médecin ou un psychothérapeute.
Plus elle est décelée tôt, plus elle se traite facilement. Sortir de la dépression n’est pas une réussite, c’est mettre fin à un échec.

D’où vient la dépression ?

La dépression apparait parfois après un choc psychologique mais le plus souvent elle se développe lentement et inéluctablement sans vraiment pouvoir dire quand, pourquoi et comment ça a commencé. Une déprime, un état nerveux, du stress ingérable … nous nous vidons de notre énergie, qui s’écoule de la déchirure psychologique causée par la profonde impossibilité de faire coexister deux besoins fondamentaux qui se contredisent :

-« Je ne peux vivre sans cette personne que j’aime, et notre amour est impossible (non partagé, violent, intermittent, insupportable mais impossible à rompre ….).

-« J’ai besoin de mon emploi pour exister (financièrement et socialement) et en même temps, je ne parviens plus à l’assumer (techniquement dépassé, épuisé par la routine, submergé par la transformation du métier qui perd son sens, ambiance de travail détestable, montée du stress social sur un segment de marché violement attaqué par la concurrence mondiale….)

Le premier symptôme qui doit nous alarmer est une perte d’appétit pour la vie. On aimerait avoir envie…Mais nous n’en trouvons pas l’énergie ou la motivation.

Puis, nous n’arrivons plus à être ce que nous avons été et on devient lentement l’ombre de nous-mêmes.

Si nous laissons filer, on aboutit à la sensation d’un boa qui nous étouffe, un rongeur qui, chaque jour, creuse un peu plus le vide en nous.

Dans un climat permanent d’anxiété, nous sommes traversés par des crises d’angoisse : La seconde que je vis me semble inaccessible. Je ne vois pas comment je vais pouvoir aborder le prochain instant de ma vie… L’aveuglante certitude d’une absence de solution. Je ne vois plus rien, une vague me submerge…. « J’ai besoin d’aide ! »


Le traitement de la dépression nerveuse:

Dans la dépression, il y a quelque chose de mystérieux, d’inexplicable, comme un accident physique, chimique, un virus mortel qui s’abat sur nous sans crier gare. Et puis, il y a de façon plus claire toutes sortes d’explications possibles. Certaines remontent à des circonstances précises et présentes et d’autres à bien plus loin que le passé immédiat. Nous sommes épuisés. Le résultat d’une consommation excessive de nos ressources physiologiques et psychologiques, nos nerfs sont ravagés…

Nous sommes l’otage de notre travail, notre famille, nos obligations, nos ambitions, notre peur de manquer, nos remords…

Et puis, un évènement vient créer la dépression. Mais ça ne suffit pas, ça serait trop simple : il faut aller plus loin, fouiller dans le passé, dans ce que l’on croit avoir oublié, repoussé au tréfonds de notre inconscient. Il faut forer en eaux profondes.

Le travail du psychologue, n’est pas seulement de mettre en lumière les oppositions qui causent cette déchirure par où s’écoule à flot notre énergie (comme le sang d’une blessure), mais surtout d’amener la personne en souffrance à découvrir les moteurs de ces attachements contradictoires.

C’est un travail d’autant plus long que la dépression est installée. Le recours à des médicaments prescrits par le médecin est parfois nécessaire. L’homéopathie apporte souvent une aide non négligeable en limitant les effets d’accoutumance (votre médecin sait gérer tout cela).

De même qu’il y a des répliques sismiques après un violent tremblement de terre, qui paralysent les secours et désespèrent les victimes, de même on ne se répare pas d’un coup d’une dépression nerveuse. C’est un processus beaucoup plus complexe, plus imprévisible. Un jour, on se relève, on marche sur de la glace fine. Mais on marche. Là réside la différence : on est en mouvement. La dépression est une espèce de mort; La vie est mouvement.

 

« Exister est un fait.

Vivre est un art.

Le chemin de la vie consiste

à passer de la peur à l’amour »

Frédéric Lenoir.