Jean Louis Lamouille

Enrayer la dépression

Enrayer les dépressions nerveuses

« Si tu plonges longtemps ton regard dans l’abîme, l’abîme te regarde aussi » Nietzche

 

La dépression nerveuse s’installe souvent de façon insidieuse : stress, lassitude, accumulation de fatigue, dérèglement alimentaire, morosité, irritabilité sont autant de signes qui doivent nous alarmera.

Il est extrêmement difficile de sortir seul de la dépression sans avoir recours à un médecin ou un psychothérapeute.
Plus elle est décelée tôt, plus elle se traite facilement. Sortir de la dépression n’est pas une réussite, c’est mettre fin à un échec.

D’où vient la dépression ?

La dépression apparait parfois après un choc psychologique mais le plus souvent elle se développe lentement et inéluctablement sans vraiment pouvoir dire quand, pourquoi et comment ça a commencé. Une déprime, un état nerveux, du stress ingérable ... nous nous vidons de notre énergie, qui s’écoule de la déchirure psychologique causée par la profonde impossibilité de faire coexister deux besoins fondamentaux qui se contredisent :

-« Je ne peux vivre sans cette personne que j’aime, et notre amour est impossible (non partagé, violent, intermittent, insupportable mais impossible à rompre ….).

-« J’ai besoin de mon emploi pour exister (financièrement et socialement) et en même temps, je ne parviens plus à l’assumer (techniquement dépassé, épuisé par la routine, submergé par la transformation du métier qui perd son sens, ambiance de travail détestable, montée du stress social sur un segment de marché violement attaqué par la concurrence mondiale….)

Le premier symptôme qui doit nous alarmer est une perte d’appétit pour la vie. On aimerait avoir envie…Mais nous n’en trouvons pas l’énergie ou la motivation.

Puis, nous n’arrivons plus à être ce que nous avons été et on devient lentement l’ombre de nous-mêmes.

Si nous laissons filer, on aboutit à la sensation d’un boa qui nous étouffe, un rongeur qui, chaque jour, creuse un peu plus le vide en nous.

Dans un climat permanent d’anxiété, nous sommes traversés par des crises d’angoisse : La seconde que je vis me semble inaccessible. Je ne vois pas comment je vais pouvoir aborder le prochain instant de ma vie… L’aveuglante certitude d’une absence de solution. Je ne vois plus rien, une vague me submerge…. "J'ai besoin d'aide !"


Le traitement de la dépression nerveuse:

Dans la dépression, il y a quelque chose de mystérieux, d’inexplicable, comme un accident physique, chimique, un virus mortel qui s’abat sur nous sans crier gare. Et puis, il y a de façon plus claire toutes sortes d’explications possibles. Certaines remontent à des circonstances précises et présentes et d’autres à bien plus loin que le passé immédiat. Nous sommes épuisés. Le résultat d’une consommation excessive de nos ressources physiologiques et psychologiques, nos nerfs sont ravagés…

Nous sommes l’otage de notre travail, notre famille, nos obligations, nos ambitions, notre peur de manquer, nos remords…

Et puis, un évènement vient créer la dépression. Mais ça ne suffit pas, ça serait trop simple : il faut aller plus loin, fouiller dans le passé, dans ce que l’on croit avoir oublié, repoussé au tréfonds de notre inconscient. Il faut forer en eaux profondes.

Le travail du psychologue, n’est pas seulement de mettre en lumière les oppositions qui causent cette déchirure par où s’écoule à flot notre énergie (comme le sang d’une blessure), mais surtout d’amener la personne en souffrance à découvrir les moteurs de ces attachements contradictoires.

C’est un travail d’autant plus long que la dépression est installée. Le recours à des médicaments prescrits par le médecin est parfois nécessaire. L’homéopathie apporte souvent une aide non négligeable en limitant les effets d’accoutumance (votre médecin sait gérer tout cela).

De même qu’il y a des répliques sismiques après un violent tremblement de terre, qui paralysent les secours et désespèrent les victimes, de même on ne se répare pas d’un coup d’une dépression nerveuse. C’est un processus beaucoup plus complexe, plus imprévisible. Un jour, on se relève, on marche sur de la glace fine. Mais on marche. Là réside la différence : on est en mouvement. La dépression est une espèce de mort; La vie est mouvement.

 

« Exister est un fait.

Vivre est un art.

Le chemin de la vie consiste

à passer de la peur à l’amour »

Frédéric Lenoir.


Qu'est ce que l'anxiété sociale ?

L’anxiété sociale :

La timidité peut être la crainte de l’inaptitude, la honte en est la certitude.

Quand ce sentiment m’envahit, je n’ai plus qu’une envie : disparaitre sous terre.

Une fois rentré à la maison, on repasse le filme dans sa tête et la sensation de honte perdure.

J’évite alors de revoir ces gens devant lesquels j’ai eut tant honte.

On ne craint pas ici de mourir physiquement, mais de mourir socialement.

Notre attention se tourne sur « l’auto-observation », nous perdons toute disponibilité à l’actualité et au relationnel.

L’anxiété lors d’une prise de parole en publique ou du passage d’un examen oral ou d’une déclaration d’amour est normale. Avoir le trac à l’occasion d’une interaction social habite chacun d’entre nous. La peur devient pathologique lorsqu’elle est permanente (angoisse du jugement), lorsqu’elle nous empêche d’être disponibles à ce qui se joue autour de nous (nous sommes obnubilés par la sensation qui nous habite) et en cas d’attaque de panique. Mais, très souvent, il y a plus que de la peur : des scrupules, de la gêne, de l’embarras, de la honte.

Cinq grandes catégories de peurs sociales :

-situation de performance (exam, conférence…). Nous faisons face à des personnes qui sont en devoir de nous évaluer. Une foi l’entrée en scène, si cette peur ne se dissipe pas, c’est handicapant. On peut bloquer sa carrière par incapacité à réaliser des présentations orales.

-situation d’observation : on se sent observé et jugé dans nos actes quotidiens, nous sommes mal à l’aise quand, par mégarde, nous nous sentons au cœur de l’attention.

-situation d’affirmation (défendre son point de vue et ses droits). On préfère se laissé croire que nous sommes gentil pour éviter tout risque de conflit. Nous avons peur de la réaction des autres si nous nous affirmons. Peur de ne pas être aimé, peur de la colère des autres….

-situation de révélation de soi (se dévoiler de manière impliquante, parler de ce que nous ressentons). Nous avons honte de certaines de nos caractéristiques. Nous sommes dans la crainte d’être l’objet d’un jugement négatif. (L’humour sert parfois à habiller notre honte).

-situation d’interaction superficielle (échanges banales et superficiels). Qui n’a jamais rompu le poids du silence dans le groupe en lâchant un « un ange passe » ? A la foi la peur du silence et la peur de dire des banalités.


Psychologie du bonheur

Dans ma pratique de psychologue, je fais souvent le parallèle entre le bonheur, et l’apprentissage de la bicyclette. Le bonheur, ça s’apprend ! Plus on le pratique et meilleur on devient. Si cette sensation éphémère n’est pas contrôlable, force est de constater que ceux qui ont décidé de le chercher l’on trouver. Quelle est notre capacité à voir où se situe le bien dans ce qui nous entoure, à chaque instant de la vie ? Plutôt que de spéculer sur l’avenir, ais-je l’humilité, le courage et la force d’aller prendre conseil auprès de personnes ayant vécus des situations proches de celles que je me prépare à vivre ? Ce qui m’épargnera bien des déconvenues ! Bref, quelle est ma capacité grâce aux conseils des personnes avisées à transformer la contrainte en opportunité ?

« De l’art du bonheur » : Par Christophe André

« -Le bonheur est-il un état d’esprit ? Une opération mentale ? Une décision ? Un effort ? Une volonté ? Une construction intérieure ? Il est tout cela, le plus souvent une fois réunies les conditions matérielles minimales nécessaires à sa présence.
C’est à la fois une bonne nouvelle : notre bonheur dépend de nous même.
Et une mauvaise nouvelle : nous en sommes responsables.
Et cela va demander travail et efforts. Le bonheur n’est jamais –ou pas souvent- donné, ni offert. Mais il est en revanche toujours accessible à l’immense intelligence humaine. L’intelligence du bonheur existe, elle relève chez certains d’un tallent, chez d’autres d’une lutte ; elle nous est accessible.

D’où vient cette étrange idée reçue que le bonheur doit être spontané?

La ‘punition divine’ lancée à nos ancêtres Adam et Eve : « -Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » c’est aussi : « -Tu gagneras une partie de tes bonheurs à la sueur de ton front ».Que cela soit fait de la malédiction divine ou de la condition humaine. Le bonheur n’est pas une chance mais une intelligence. Qui peut s’apprendre et se développer. »

On dit souvent que la vie est un combat. Le bonheur aussi. Surtout pour ceux que la vie n’a pas gâtés au départ. Que nos handicapes soient visibles, comme ceux qui nous touchent dans notre chaire, ou qu’ils ne le soient pas, comme ceux qui proviennent de nos angoisses, de notre spleen, ils nous fournissent toujours de nombreuses raisons de ne pas être heureux.
Mais, une fois établi cet éternel constat, -il existe des gens plus heureux que nous et d’autres moins heureux-, quel prétexte nous reste-t-il  pour continuer de ruminer notre mal de vivre ? Cette position de victime de l’existence est d’autant plus dangereuse qu’elle peut faire de nous des intouchables que plus personne n’osera approcher, guider ou conseiller. Cela aggravera notre solitude et notre handicap. Et cela nous renverra finalement à nous nous même. On ne peut pas être toujours heureux. Mais on peut, aussi souvent que possible, penser à laisser la voie libre au retour de notre bonheur.

La pédagogie de la Joie :

Par Charles Pépin, La Joie (Allary Editions 2015).

« -Le premier point est d’arrêter d’ « espérer », de cesser d’idéaliser une situation qui serait à venir. Il ne s’agit pas seulement d’accueillir le présent –plus facile à dire qu’à faire- . Il faut réellement combattre l’idéologie de l’espoir que notre époque prône tant.
En répétant aux plus déprimés « -Il faut y croire ! » ; « -Tu as raison d’espérer ! » on les enfonce dans leur souffrance, car, d’une part, quand j’espère une amélioration et que je vois qu’elle ne vient pas, j’ajoute de la déception à mon malheur. D’autre part, cela m’empêche d’arriver à aimer ce qui est là, puisque j’ai déplacé mon énergie et ma force vers ce que qui n’est pas.
De la joie dans la souffrance ?
Parce que la souffrance nous connecte à la réalité et que c’est dans la réalité que survient la joie. Rêvasser, idéaliser engendre la tristesse : « -J’aurais pu naître là, mais non… », « -J’aimerais tant être ou avoir ceci, mais non…. ».A l’inverse, dans la souffrance, la désillusion, l’échec, on se heurte au réel qui résiste. Or, la joie ne peut surgir que du réel. Il ne s’agit pas de valoriser la souffrance, mais plutôt de comprendre que l’acceptation de ce qui est constitue une étape indispensable pour trouver ensuite, la force de changer les choses. »

« -Donne moi la force d’accepter ce que je ne peux changer, le courage de changer ce qui peut l’être et la sagesse d’en connaitre la différence ». Marc Aurel.

Être et avoir….Ou l’exemple du paradoxe japonais :

Il y a 30 ans, les japonais vivaient humblement (niveau de confort et d’équipement technologique très inférieur à celui de l’Europe et les Etats-Unis). Des études sociologiques montrent qu’ils formaient l’une des nations les plus heureuses au monde. Aujourd’hui, ils ont devancé les pays occidentaux. Le résultat de cette formidable avancée tant économique que technologique, c’est qu’ils sont malheureux !

Cultivez la philosophie de sortir de la culture de l’objectif (prouver sa réussite par ses possessions : gagner plus pour consommer plus).

Lâchez le regard du « but » et transférez votre regard vers le « chemin ». Lorsque « là où je vais » n’est plus dans un impératif d’urgence, nous redonnons de la place au « comment j’y vais ? Quels paysages m’offre le chemin que j’emprunte ? ».

 

Faire ici et maintenant :

par Alexandre Jardin

« -L’engagement  social: Les gens qui s’engagent concrètement (pour leur entreprise, leur quartier, leur pays ou tout type d’association ou de mouvement) vont beaucoup mieux que la plupart des passants……Car ils font !
Ils se délivrent de leurs indignations diverses par l’action immédiate au lieu de gémir devant leur télévision ou de déléguer leur colère à des politiques –Ce qui ne rend pas heureux-. La thérapie par l’engagement, ça existe ! La « Non Action » a un coût psychologique absolument dingue. Subir les bombardements médiatiques sans agir soi même nuit gravement à la santé.
»

Des faits :

Par Florence Servant-Shreiber.

« -Plutôt que de ressasser, de ruminer, posez la réalité de manière factuelle (vous pouvez vous alarmer dès que vous prononcez les mots « toujours » ou « jamais »). Dans un moment négatif, mesurez de manière précise la réalité. Cet exercice s’appelle « La loi de l’exception » : Combien de fois réellement chez l’autre et combien de fois chez moi? Vous vous sentirez instantanément mieux. »

La pratique sportive :

A chaque état d’âme correspond une activité physique qui vous aidera à l’apprivoiser en douceur :
Colère : Aïkido, tir à l’arc, Kinomichi, cheval…
Coup de blues : Salsa, zumba, tango…
Pour cultiver l’enthousiasme : tous les sports d’équipe : de la pétanque au beach-volley en famille.
Pour renforcer la confiance en soi : escalade, équitation (apprendre en douceur la maitrise de la peur).
Amertume : évitez la co-rumination ou la compassion vaseuse d’amis bienveillants et impuissants à vous faire progresser. Rejoignez un groupe de marcheurs, de photographe, de plongeur (retour à la contemplation positive partagée).

Enfin les sport d’endurance ont un impacte sur la sécrétion des neurotransmetteurs associés à la sensation de bonheur (dopamine, noradrénaline, sérotonine et ocytocine.)

Se sentir beau / Belle :

Il s’agit d’une émotion come être joyeux, triste ou en colère. Ce sentiment ne se contrôle pas directement et ne semble d’ailleurs pas être corrélé à nos efforts lorsque nous abordons ce thème de manière frontale. La perception de notre beauté se transforme en permanence. Elle est fluctuante et souvent négative lorsque nous nous soumettons à l’injonction d’être beau/ belle suivant les cannons de la mode retouchée par Photoshop. Mais lorsque le sentiment d’ingratitude physique persiste, il peut se transformer en humeur puis en tempérament. Soit nous cherchons à ressembler aux mannequins de mode, soit nous cherchons à nous en affranchir sans réellement y parvenir ! Sommes-nous condamner à souffrir ?
Pour sortir de cette impasse, il convient de faire l’expérience de sa propre beauté. Celle qui nous convient et non pas celle qu’on nous impose. N’allons pas chez le coiffeur que pour être beau / belle mais aussi pour passer un bon moment (s’accorder du temps pour prendre soin de soi), n’endurons pas le sport dans l’objectif unique de maigrir, mais profitons surtout du plaisir et du bien être qu’il nous procure…. Cultivons la notion de nous faire du bien. Posons sur nous-mêmes un regard plus indulgent, plus empathique. Explorer ses qualités dans la globalité de son être (gentillesse, générosité, altruisme, humour…) permet de se sentir bien dans son corps.

L’épanouissement sexuel :

Si la capacité à s’abandonner repose sur la confiance en soi et en l’autre, le sentiment amoureux chez l’homme est moins nécessaire à la plénitude érotique que chez la femme.
La fusion passionnelle est un fantasme rarement accessible et qui s’effondre rapidement. Plus beau fut l’envol, plus dure sera la chute. L’extase lorsqu’elle est simultanée (chose rare) reste néanmoins très personnelle : l’écho produit chez l’un est toujours différente de celui de l’autre.
Ce qu’il faut chercher à construire avec son (sa) partenaire, c’es l’harmonie. Tout au long de l’existence, et pour chacun d’entre nous se succèdent une infinité de bonheurs sexuels possible. L’acte ne peut en aucun cas être stéréotypé.
Difficile d’en extraire des conduites généralisées.
La seule règle repose sur la nécessité de faire savoir ce que l’on veut à son (sa) partenaire, en restant très à l’écoute de ce qu’il (elle) se sent capable de donner et ce dont il (elle) a envie. L’altruisme et le don de soit où l’on fait passer le plaisir de l’autre avant le sien ne permet pas de soutenir l’épanouissement du couple sur la durée. L’aptitude à faire don de soi est une condition essentielle au bonheur érotique, mais seulement lorsqu’elle est réciproque. Il faut sans cesse réapprendre les chemins du plaisir de l’autre et lui transmettre notre « mode d’emploi » à la foi psychologique et physique. Au fil des années, on apprend à accorder nos intimes. Comme des artistes, il faut travailler à deux à la composition évolutive de la symphonie des cors.
La fatigue et le stress ne sont alors plus des excuses car l’acte d’amour est un puissant réparateur.

Apprendre le bonheur à nos enfants :

Ne cherchons pas à trop les protéger. Donnons leur à connaître qui nous sommes. Sans leur en faire porter la charge, ils ont besoin de connaitre nos états d’âmes : tristesse, mon mal-être, craintes…. Rien n’échappe à leur ressenti et le fait d’exprimer clarifie et rassure.   Vouloir leur épargner la vision de nos malheurs et de nos inquiétudes provoque souvent chez eux des fantasmes négatifs dont la charge anxiogène et pire que la réalité. Ne leur vendons pas l’idée d’un monde rose : la vieillesse, la maladie et la mort existent !

Laissons les vivre leur vie (jusqu’à un certain point) : l’excès d’attention pédagogique est aussi nuisible que son absence. Là où nous cherchons sans cesse à les stimulé par des activités d’éveil, nous les privons de la créativité qui résulte de manque et de l’ennui. Accordons à nos jeunes enfants des « inactivités d’éveil ». Laissons-les prendre des risques et explorer à leur rythme. Méfions nous des injonctions qui tuent la joie « -fais pas ça ; -t’as pas honte »….. Préférez-vous avoir un enfant heureux ou un enfant parfait ? Les deux me direz-vous ! Il vous faudra alors accepter un compromis et accepter la frustration de voir nos enfants se construire sur d’autres bases que nos seules projections narciciques.

La vie est un jeu. Au départ pour l’école, il vaut mieux leur souhaiter «- amuses-toi bien » plutôt que « -travail bien ». Evitons l’ironie qui leur laisse croire qu’on se moque d’eux et, si quelque chose ne nous convient pas dans leur comportement faisons l’effort de l’exprimer clairement et sans agressivité.

Leur apprendre la gratitude : l’enfant doit reconnaitre ce qu’il a reçu de bon, remercier et donner à son tour.

Le bonheur à l’école :

Encourager la bienveillance et la coopération avec ses pairs. Cultiver le sentiment d’appartenance et le lien avec des groupes d’amis. (Les idioties de Gulli, les anniversaires, les idoles de dessins animés qui ornent tee-shirt et cartable constituent une culture  et un socle de sociabilisassions pour l’enfant. Avons-nous le droit de le priver de cela ?) Il convient d’encourager à demander l’aide des copains et à savoir leur en apporter.
Cultiver le désir d’apprendre dans un climat de confiance (L’échec n’existe pas, il n’y a que des tentatives à repenser et à renouveler jusqu’u succès).
Contrairement aux pratiques de l’éducation nationale, il est bon de développer les points forts et les talents avant que de chercher à combler les faiblesses.

 Cultiver l’optimisme :

Il y a l’optimisme d’illusion / dénie de réalité (l’optimisme niais), et un optimisme qui concilie réalisme et esprit critique (l’optimisme intelligent). Il planifie, et organise l’action dans l’usage optimale de nos ressources. Le pessimisme est utile parce qu’il attire notre attention sur les facteurs de risque et attise notre vigilance pour répondre à la complexité du réel. Mais, lorsqu’il se cristallise sur un évènement tragique du passer ou sur des regrets (pour teinter toute notre existence), il sape nos ressources.
Opter pour l’optimisme c’est rechercher un mode explicatif positif des évènements actuels, repérer les opportunités à venir et mettre en action nos talents. La plupart des obstacles à venir, peuvent être résolu par une ressource à ma porté. L’optimisme intelligent nous pousse à l’imagination et à l’initiative pour surmonter les obstacles.
-Un épisode désagréable est passager, spécifique à une situation donné et liés à des raisons extérieures.
-Transformer la contrainte en opportunité : plutôt que de céder à la tentation de « laisser tomber » recherchons quel bénéfice nous pouvons tirer de cette difficulté.
-Offrons nous le temps de savourer la beauté du monde et la bonté des gens. Donnons-nous le temps de douter, de gouter, de comprendre et d’apprécier sans urgence de conclure.
-Enfin, le bonheur étant contagieux, partageons du temps avec nos amis heureux.

Cinq exercices pour être heureux :

-Marcher quotidiennement 10 minutes  engendre de l’apaisement émotionnel. De plus vous pouvez rentrer dans une pratique au moins hebdomadaire d’un sport s’inscrivant sur la durée (idéalement plus de 45 mn). Si vous doutez de trouver le temps, prenez-le simplement sur celui passé devant la télé.

-Vivre l’instant : apprendre à s’arrêter, à se poser sans que notre esprit continue à « broyer de l’idée ». Si vous ne savez pas le faire, apprenez-le grâce à une pratique quotidienne de méditation. Il existe des accompagnements à la pratique de la pleine conscience tels que «Petit bambou» : https://www.petitbambou.com/

-Une fois par semaine, offrez-vous une séance de remerciement : passez en revue tous les gens qui vous ont apporté quelque chose de bon au cours de la semaine, prenez le temps d’imaginer qu’ils sont en face de vous et, mentalement, adressez leur vos remerciements pour telle ou telle chose. Ca va de votre enfant qui à mis la table à Vivaldi pour avoir écrit « Les 4 Saisons » en passant par votre boulanger pour sa tarte au citron! La gratitude, ça fait du bien : https://www.bing.com/videos/search?q=vous+%C3%AAtes+super+youtube&&view=detail&mid=620E0B1851E44A5E0247620E0B1851E44A5E0247&FORM=VRDGAR

-Se tenir droit rend plus heureux que de s’avachir.

-Souriez ! Faites l’effort de sourire pour que cela devienne lentement une habitude.


On connaît plein de choses sur le cerveau...

ON CONNAIT PLEIN DE CHOSES SUR LE CERVEAU...

« ...Il en reste beaucoup plus à découvrir encore. Et surtout, il se pourrait que ce que nous en connaissons soit faux !. »


Le  cerveau simplifié

La première chose qui me vient à l’esprit en pensant au cerveau est la phrase de mon coach, psychiatre spécialisé en TCC et passionné par le cerveau : « -On connait plein de choses sur le cerveau. Il en reste beaucoup plus à découvrir encore. Et surtout, il se pourrait que ce que nous en connaissons soit faux ! ».
Voici donc un schéma du cerveau.
J’aime particulièrement cette représentation du cerveau en 3 couches empilées. Cette vision est très schématique mais aussi très parlante.
Le cœur est le cerveau reptilien, la couche intermédiaire le cerveau limbique et enfin à l’extérieur, le néocortex.
Plus on va vers l’intérieur, plus le cerveau est primitif et plus son influence est profonde sur notre fonctionnement interne. C’est comme si l’information traversait ces 3 cerveaux pour être intégrée par notre être. Plus nous avançons vers le centre, plus la puissance est importante.  La « raison » se fait dominer par l’« émotion » qui lâche prise face au « reflex ».
Il n’est donc pas toujours simple de conserver une certaine harmonie entre ces 3 cerveaux dont l’analyse peut être sensiblement différente voir contradictoire….

Le Néocortex est le cerveau de l’intelligence (réflexion, analyse, apprentissage)

Cette part du cerveau est rationnelle et factuelle. Elle veut garder la tête froide, éviter les situations de danger et les secousses émotionnelles. elle prévoit, elle organise, elle planifie de manière à ce que la vie se déroule le plus tranquillement possible. Elle est capable de « nier » une émotion dérangeante pour rester concentré sur sa mission d’analyse et de planification.
Trop sollicité, le néocortex devient une machine à sous-peser toutes les hypothèses jusqu’à ne plus pouvoir s’arrêter de ressasser : pensées envahissantes, multiples gênant la prise de décision.
Il convient alors d’en reprendre le contrôle par des exercices simples répétés plusieurs fois par jour ainsi que par la mise en place d’une meilleure écologie de vie.

Le cerveau Limbic est le siège de nos émotions

de notre relation au monde et aux autres. Tous nos ressentis y sont enregistrés. Les gros chocs ou la répétition d’émotions négatives, s’ils ne sont pas traités, y font comme des cicatrices ou des cales qui bloquent la communication avec le cortex.
Un choc très ancien (oublié du cortex) peut être réveillé par un incident mineur. C’est ainsi que s’inscrivent les phobies.
Prenons l’exemple de Mathieu : à l’âge de 5 ans, le véhicule de ses parents est pris dans un carambolage en série sur l’autoroute. Dégâts physiques bénins et sans conséquences pour l’ensemble de la famille. Par contre, les passagers restent prisonniers du véhicule pendant plus d’une heure avant d’être désincarcéré. La mère de Mathieu est paniquée.
31 ans plus tard, Mathieu est père de deux enfants, c’est un cadre très reconnu pour son implication dans son entreprise. Alors qu’il rentre en métro après une journée de 11 heures, un incident technique engendre un freinage d’urgence et une coupure de la lumière dans les rames pendants quelques minutes. Mathieu est pris d’une crise de panique. Il n’arrive plus à respirer. Il lui faudra plusieurs mois de thérapie avant de pouvoir reprendre le métro. L’épuisement nerveux général a permis à ce qu’un évènement sans gravité fasse exploser une boule d’angoisse bloquée dans l’inconscient depuis plus de 30 ans. Mathieu fut très étonné lorsqu’il s’autorisa enfin à reconnecter avec le souvenir de l’accident de voiture qu’il avait oublié. Car la mémoire émotionnelle dépasse largement les souvenirs. Elle va jusqu’à s’inscrire dans notre corps, nos os, nos muscles et les émotions toxiques et mal gérées viennent tôt ou tard perturber le « merveilleux silence de notre mécanique interne ».
Il est nécessaire de revisiter notre histoire et de donner leur juste place aux évènements de notre vie. Donner sa place à un évènement dramatique permet de s’en libérer.

Le cerveau reptilien est celui de l’instinct.

Il fonctionne sur trois modes : 1/fuite ; 2/ attaque ; 3/ inhibition d’action.
1/ La fuite : C’est ce qui sauve la gazelle du guépard.
« Quand j’ai vu que le rideau prenait feu, je suis parti en courant sans penser à déclencher l’alarme. Il est claire qu’il m’aurait d’ailleurs suffi d’utiliser l’extincteur et je sauvais mon appartement ».
« Je ne devrais pas laisser mon patron me parler de cette façon, mais bon, je ne sais pas quoi dire dans ces moments là tellement j’ai honte, je préfère baisser la tête. J’ai refusé cette promotion, car je redoute trop la confrontation avec lui. »
« Prisonniers du quotidiens, notre vie de couple s’essouffle…. J’ai pris un amant ! ».
2/ L’attaque : Alors que le bébé buffle ne peut échapper aux lions, la maman buffle se retourne à coups de corne et de pieds met les assaillants en fuite.

-« Soudainement, j’ai vu rouge… Je ne contrôlais plus rien ! »
-« Quand le pompier a entendu les cris d’enfant dans la chambre en feux, il s’est jeté au milieu des flammes alors qu’il était évident que le plancher allait céder. »
-« Casses-toi, pauv’con ! »

3/ L’inhibition d’action : Quand le lapin voit soudainement tourner l’aigle dans le ciel, il se fige. La couleur de son pelage se fond dans celles de la steppe et l’aigle ne le repère pas.
« Je crois que j’ai toujours su qu’elle me trompait. Je refusais simplement de le voir »
« Chaque fois que mon chef a des gestes équivoques, je perds tous mes moyens, je reste figé. Cela fait plusieurs semaines que ça dure et il devient de plus en plus insistant. J’en suis à redouter la reprise du travail le lundi matin. Je n’ai jamais osé en parler à quiconque ».
« Je sais que la cigarette me tue. Je sens bien que je perds de la capacité respiratoire. Je sais bien qu’il faudrait que je reprenne le sport. J’ai pas la motiv !.. ».

C’est dans notre cerveau que nait l’envie : Le profond désir d’aller vers notre essentiel.

Les dauphins en captivité, malgré les meilleurs soins, ne se reproduisent pas. Le travailleur le plus appliqué n’atteindra jamais la réalisation du passionné.
-« Et soudainement, à ma seconde année de fac, je me suis mis à être brillant. Moi qui avais toujours été un élève moyen. Et, le pire, c’est que je n’ai plus eu la sensation de devoir faire des efforts pour apprendre ». 
-« Elle tenait absolument à se marier et à avoir des enfants. Ce n’est qu’à 42 ans qu’elle a compris qu’elle préférait les femmes. Alors, elle est devenue heureuse ».
Il est important d’apprendre à écouter ce vers quoi nous guident nos comportements réflexe. Mesurer notre envie de laisser libre cours à nos comportements innés. S’accorder le droit de ressentir colère, peur, désir et pulsion. C’est seulement en donnant leur place à ces réalités que l’on peut élaborer une conduite harmonisée de nos trois cerveaux.


Gérer l'anxiété

Gérer l’anxiété
Par Jean-Louis Lamouille

Notre sensibilité à la peur est liée à notre caractère inné et à notre expérience acquise.

Nous « guérissons » nos peurs en apprenant la prudence, c'est-à-dire en ajustant notre comportement selon le niveau du danger.

Quand La peur est utile :

Elle constitue un signal d’alarme contre le danger. C’est un phénomène utile tant qu’il est justifié dans son activation, calibré dans son intensité et limité dans sa durée. L’émotion de peur soutient la motivation à construire des réponses adaptées. Une fois créés, ces schèmes comportementaux seront réutilisables facilement lors d’une prochaine confrontation avec des situations analogues.

Quand la peur devient contre productive :

On parle d’état anxieux lorsque la peur devient pathologique :

 - son déclenchement est intempestif (non justifié par des évènements rationnels),

- son intensité est disproportionnée par rapport aux évènements,

- son effet perdure alors que le danger est passé (ressassement).

Lorsque la peur est trop forte en intensité, elle nous paralyse, lorsqu’elle est trop fréquente et/ou trop longue dans la durée, elle nous épuise. Cette chronicité anxieuse représente une gestion contre productive de la peur, en cela qu’il atténue nos capacités d’adaptation (parfois jusqu’à complète inhibition).

L’anxiété sociale est la plus fréquente des peurs. Face à un auditoire, avoir le trac est tout à fait normal. Mais lorsque cette peur limite notre épanouissement il convient de réagir.

La peur d’autrui peut saper discrètement la qualité de nos relations sociales. La honte, la dissimulation, l’évitement et une peur confuse, absurde et irraisonnée nous condamnent à une sorte de solitude affective malgré les apparences. En réaction, nous cultivons une image de nous même différente de ce que nous sommes en réalité et qui nous protège des jugements négatifs. Cependant, nous nous privons d’être en lien avec les autres.

Quand la peur devient franchement handicapante :

A force de « cultiver » l’état d’anxiété, nous en venons à développer une peur …..…. d’avoir peur.

Notre propre sensation de peur est interprétée comme un signal de danger.

Nous redoutons nos propres réactions douloureuse et parfois incontrôlable, ce qui perturbe notre qualité de vie et peut occasionnellement gêner notre entourage.

Quand peur devient allergique (la phobie).

Faisons ici un parallèle entre le corps et l’esprit. Prenons en comparaison l’exemple de l’asthme :

Notre corps se défend contre les éléments nocifs. Cette réaction est pour partie héréditaire et pour partie acquise à l’occasion de contacts avec de nouveaux agents pathogènes.

Dans un environnement envahi d’une épaisse fumée, nos bronches se ferment pour éviter d’être encrassées. Sous l’effet répété de la pollution, ce mécanisme de protection peut « s’emballer ». Nous déclenchons alors des crises d’asthme, réaction disproportionnée et plus nuisible qu’utile.

Il existe différents degrés :

-L’asthme épisodique où l’état est normal entre deux crises.

 -L’asthme aigu avec des crises intenses et prolongées qui peuvent être dangereuses.

-L’asthme chronique, permanent, où se cumulent crises aigues et inflammation permanente des bronches.

Nous pouvons faire le parallèle avec la peur excessive, l’anxiété généralisée et la phobie.

Comme l’allergie, le fonctionnement anxieux, une fois apparue, a tendance à devenir chronique et souvent s’aggrave dans son intensité. Il peut également se généraliser à d’autres domaines.

Comme pour une allergie il convient de désapprendre le corps à sur-réagir grâce à une exposition progressive qui permet de nous aguerrir et d’ajuster notre comportement à un niveau de prudence ajusté à la réalité du danger et à sa réelle vulnérabilité.

Sortir de l’anxiété :

Ni la réflexion rationnelle, ni la fuite, ni le recours à la violence contre nous même (par passage en force) ne modifient notre rapport émotionnel à la peur.

Comme un animal traqué, la peur s’apprivoise avec beaucoup de douceur et de patience associée à une profonde volonté de changer, une bonne dose de persévérance et de rigueur, accompagné de bienveillance vis-à-vis de soi même.

L’origine des peurs :

Chez l’enfant, la peur est forte. C’est parce qu’il est plus fragile. Il est au début de son apprentissage. Ses peurs sont souvent excessives mais, sous l’effet de l’expérience et de l’éducation, il va apprendre à les gérer en fonction de la réalité du risque.

Parfois, pour certains d’entre nous cela ne se déroule pas aussi simplement. Certaines de nos peurs restent disproportionnées.

Ce qui rend nos peurs excessives est lié à notre personnalité innée, notre culture, notre éducation et la confrontation à des traumatismes. Chaque peur, pour chacun d’entre nous a son histoire. Histoire que l’on croit parfois connaître.

En parvenant à cerner l’origine de nos angoisses, nous nous en trouvons souvent rassurés (réhabilités dans notre intégrité) et cela contribue à notre réparation.

Mais l’origine est le plus souvent multiple et confuse.

La construction de nos peurs découle d’une conjonction d’évènements futiles, s’appuyant sur un évènement initial le plus souvent extrêmement lointain (parfois même in-utéro d’après certaines théories psychanalytiques). Il est donc souvent impossible de pointer clairement un évènement originel.

Nos réactions d’adultes sont déconnectées de la cause originelle tant il y a eu d’ajouts d’évènements par petites touches, par adaptation, par réaction, par évitement, par capitalisation de fausses croyances, par projection de nos refoulements vers d’autres objets, par déplacement d’un conflit interne sur un objet extérieur, par influences socioculturelles, par déceptions anodines…..Tout une mécanique de renforcement du processus sous l’effet de son propre fonctionnement.

On peut considérer que nos angoisses se développent sur un terrain propice (prédisposition biologique, caractère héréditaire d’hyper émotivité), et sous l’influence environnementale (inconscient collectif culturel, croyances familiales, traumatisme personnel).

La recherche révèle quatre origines environnementales :

-Les évènements traumatisants (apparus parfois si tôt dans la vie que nous n’en avons pas conservé le souvenir conscient).

-Les évènements pénibles et répétés sans possibilité d’y faire face (humiliation, insécurité, maltraitance….).

-L’apprentissage par imitation : le parent anxieux transmet ses peurs de manière intuitive.

-L’ excès de protection. Au lieu de l’encourager, le parent interdit la prise de risque dans certains domaines.

La question de l’origine de nos peurs est bien moins importante que de comprendre comment nous fonctionnons dans notre système de peur et comment nous pouvons transformer ce mode de fonctionnement.

La vraie question n’est donc pas « -Pourquoi ai-je peur » mais « -Pourquoi ma peur persiste-t-elle alors que je sais qu’elle est excessive ? ».

 

« -Suis-je responsable de mes peurs ? »

« -Pas plus que le diabétique ou l’asthmatique ne le sont de leur santé ! »

« -Suis-je condamné à pâtir toute ma vie d’une tendance à l’anxiété »

« -Non, comme pour les autres « allergies », il existe des méthodes permettant de diminuer (souvent jusqu’à complète disparition) notre « allergie à la peur ». Cela nécessite un apprentissage particulier et rigoureux, qui à pour effet de changer mon approche émotionnelle ».

 

 Fonctionnement de la peurs excessives

J’anticipe, j’interprète, j’amplifie.

Lorsque l’on vit avec ses peurs depuis des années, il arrive un moment où il devient difficile de percevoir la différence entre la prudence et l’excès.

La peur se compose de 3  dimensions : Emotionnelle : (sensations corporelle), psycho-cognitif  (processus de perception et d’interprétation selon mes croyance), comportementale (comment je réagit face à la peur).

Le travail consiste à la compréhension et la maitrise progressive de ces 3 dimensions.

Mécanisme émotionnel :

Dans un premier temps, il convient de comprendre et d’intégrer son émotion:

Quelles sont les situations anxiogènes ? Nous n’en avons souvent qu’une conscience partielle. Nous nous retrouvons envahit par la peur sans toujours savoir pourquoi ni comment. Pour chacune de ces situations, quel est le point de départ de l’activation du processus ? Quel est le degré de pénibilité instant après instant ? Qu’est ce qui se produit dans mon corps ?

Seule l’exposition offre la possibilité de changer son regard la réelle teneur des dangers et de sa vulnérabilité.

Biologiquement, les sens (l’ouïe, la vue, l’odorat, les sensations internes…) signalent à notre cerveau limbique (siège des émotions) un danger potentiel. Ces informations activent l’amygdale cérébrale qui lance une première alarme corporelle : mise sous tension (état de vigilance). Puis cette alarme est évaluée de manière « réflexe » par l’hippocampe (: comparateur par rapport aux émotions déjà vécues) et de manière partiellement consciente par le cortex frontal qui va réguler le processus.

Dans l’anxiété chronique, la sensation interne de peur constitue à elle seule un signal de danger. Notre perception émotionnelle est comparable à du lait, dont notre peur d’avoir peur joue le rôle du feu sous la casserole et précipite la catastrophe annoncée. Le « freinage » par l’hippocampe et le cortex frontal ne fonctionne pas de manière optimale. Alors, la peur ne connait plus de limite : c’est la panique.

Mécanisme psycho-cognitifs :

Hyper vigilant, dans nos périodes anxieuses, nous avons l’art de repérer le danger de très loin et de le regarder au microscope. Parfois, la perception du danger devient un sixième sens. Le moindre risque est ressenti par le corps sans même que le cerveau en ait conscience. D’où des crises d’angoisses inexplicables. Dans l’anxiété sociale par exemple, nous somme capable de percevoir depuis l’autre bout de la salle, un groupe de personnes qui rient alors que l’une d’entre elles vient de jeter un coup d’œil dans notre direction. Je me sens immédiatement mal à l’aise, et sans vraiment pouvoir en donner la raison, une intuition de ridicule s’empare de moi. La force de mes croyances bride mes capacités de recul.

Focalisé sur le danger, je ne profite pas de mon environnement ; je le surveille. Ce qui n’entre pas dans le champ de ma peur n’est pas perçu. La moindre ambigüité constitue l’occasion de construire un scénario catastrophe.

Mécanisme comportemental :

Le réflexe de fuite vient percuter le reflexe d’hyper vigilance. Ces allers retours incessants entre vigilance et évitement sont une source d’épuisement notoire : Je passe mon temps à chercher d’où pourrait survenir le danger et en même temps, je veux détourner mon attention de cette situation pénible (ce faisant, je prends le risque de laisser le danger s’approcher). La meilleure solution revient à fuir pour ne pas avoir à supporter ce dilemme

Ne vaut-il pas mieux moins se méfier et assumer le risque d’erreur que de verrouiller tous les risques mais ne plus profiter de l’existence ?

Mais surtout, je me prive d’une occasion d’apprendre. L’évitement de situations anxiogènes ne permet pas de construire des réponses comportementales appropriées nécessaires à mon épanouissement personnel.

Comment faire face à la peur :

« Si tu continue de faire ce que tu as toujours fait, ne t’étonnes pas d’avoir ce que tu as toujours eu. »

Il faut rendre la vie impossible à nos peurs, sinon, ce sont elles qui nous rendent la vie impossible.

Il s’agit de corriger un phénomène ancré dans notre biologie psycho-émotionnelle. Mais, encore plus que nos muscles, notre cerveau est très plastique. Il faut désensibiliser notre cerveau à la peur.

Reconfigurer le fonctionnement cérébral dans une zone archaïque particulièrement peu accessible à notre volonté nécessite exigence envers soi même, tolérance et persévérance. Les progrès sont en dents de scie, les rechutes fréquentes et les occasions de se décourager nombreuses.

Comme l’apprentissage d’un instrument de musique ou d’une langue étrangère, cela ne réclame pas seulement une approche théorique mais surtout une pratique répétée avec beaucoup de persévérance. Ce réapprentissage peut prendre de quelques mois à quelques années.

Notre cerveau est programmé pour ressentir la peur. L’apprentissage doit permettre de savoir de quoi avoir peur et de quoi ne plus avoir peur. Il s’agit bien d’un apprentissage pour devenir un jour, comme «le dompteur dans la cage aux fauves » : le danger existe, nous sommes vigilants, mais nous contrôlons la situation.

Être  guéri  ne signifie pas ne plus jamais ressentir la peur.

Comme dans un tremblement de terre ou des répliques surviennent qui désespèrent tant les victimes que les sauveteurs, la peur peut revenir. Être guéri signifie :

-Voir venir le tremblement de terre sans sombrer dans la panique (freinage émotionnel).

-Ne pas laisser l’intensité dévaster nos structures intérieures. Comme les immeubles de San-Francisco, nous avons (à force de travail répété) renforcé les fondations et les murs de notre structure psychologique (à la fois plus résistantes et plus flexibles).

-Avec le temps, les répliques sismiques sont moins intenses et moins longues. On a acquis un nouveau reflexe permettant d’ajuster notre réaction face à la peur.

Les récentes études de neurobiologie montrent qu’au terme d’un travail psychothérapeutique, il s’est opéré une modification de la chimie du cerveau qui secrète plus de sérotonine. Il est préférable d’éduquer son cerveau à produire cette molécule en dose nécessaire et régulée selon les besoins de chaque instant, que de recourir à l’absorption massive de molécules de synthèse. La neuroplasticité permet, grâce à un travail soutenu, de remettre en lien l’amygdale cérébrale et le cortex préfrontal. Cette reconfiguration de l’architecture cérébrale est la meilleure solution aux troubles émotionnels.

Si un traitement médicamenteux n’est pas accompagné d’un traitement psychothérapeutique, la rechute est quasi systématique lors du sevrage. Ne perdons pas de vue que la cause primordiale de l’angoisse, c’est l’expérience subjective que je suis en train de vivre et ma capacité à y faire face. Quelle est ma capacité à gérer mon ressenti et à   ajuster mon comportement face à la peur, la honte, la déception, la culpabilité…..Le « dérèglement » chimique n’est qu’un effet de mon disfonctionnement émotionnel et non pas la cause !

Aperçu sociologique du développement de l’anxiété dans nos sociétés occidentales

Selon certains sociologues, l'anxiété tiendrait à la liberté de choix qui s'offre à nos contemporains. Ce serait, d'une certaine façon, le prix à payer pour être enfin maître de son destin, après que les carcans religieux ou institutionnels ont été brisés. Pour Alain Ehrenberg, directeur de recherche au CNRS, ce basculement s'est produit dans les années 1960. "On est passé d'une société traditionnelle où la question qui se posait à chacun était : "Que m'est-il permis de faire ?" à une société valorisant l'autonomie, où la question est : "Suis-je capable de le faire ?" Il ne s'agit plus de libérer l'individu des contraintes qui l'empêchaient de devenir lui-même, mais de le soustraire à la pression des idéaux qui le contraignent à devenir lui-même", explique le sociologue, qui résume l'anxiété, la dépression et le burn-out en une formule frappante : la "fatigue d'être soi". L'homme moderne est libre de choisir son métier, sa bien-aimée et son huile d'olive parmi la vingtaine de marques en rayon. Une chance, à l'évidence. Sauf qu'il se demande d'abord comment faire le bon choix. Puis, après qu'il a tranché : "Est-ce que je ne vais pas le regretter ?"

Phobie scolaire

La pression insidieuse à réussir pèse tout particulièrement sur la jeune génération. Cette injonction au perfectionisme se traduit notamment par une augmentation spectaculaire des phobies scolaires (de 1 à 5% de prévalence), avec des écoliers trop angoissés pour se rendre en cours.
Là encore, il ne faudrait pas croire qu'on a affaire à des enfants à problèmes. La phobie scolaire n'est que la réponse normale, d'un enfant normal, à des exigences qui sont folles. Qui peut supporter un environnement où il faut faire ses preuves tout le temps, être le meilleur, ne jamais faillir? Trop de pression provoque des conduites d'évitement, avec un enfant qui reste à la maison.

Dans certains cas, on peut influer sur le contexte: inscrire l'élève dans un établissement moins strict, ou bien ouvrir les yeux des parents, pour qu'ils placent la barre moins haut, remettre en route le moteur du jeu et de l’envie plutôt que celui de la peur d’échouer. Mais là encore, avec les enfants comme avec les adultes, il faut tâtonner et s'armer de patience, d’indulgence et de persévérance sans ne rien brusquer. Lentement transformer la un mode de pensée fixé sur l’objectif vers une capacité à vivre le chemin.

Jean-Louis Lamouille psychologue.

 


Code de déontologie

PREAMBULE

L’usage professionnel du titre de psychologue est défini par l’article 44 de la loi n°85-772 du 25 juillet 1985 complété par l’article 57 de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 qui fait obligation aux psychologues de s’inscrire sur les listes ADELI.

Le présent Code de déontologie est destiné à servir de règle aux personnes titulaires du titre de psychologue, quels que soient leur mode et leur cadre d’exercice, y compris leurs activités d’enseignement et de recherche. Il engage aussi toutes les personnes, dont les enseignants-chercheurs en psychologie (16ème section du Conseil National des Universités), qui contribuent à la formation initiale et continue des psychologues. Le respect de ces règles protège le public des mésusages de la psychologie et l’utilisation de méthodes et techniques se réclamant abusivement de la psychologie.
Les organisations professionnelles signataires du présent Code s’emploient à le faire connaître et à s’y référer. Elles apportent, dans cette perspective, soutien et assistance à leurs membres.

PRINCIPES GENERAUX

La complexité des situations psychologiques s’oppose à l’application automatique de règles. Le respect des règles du présent Code de Déontologie repose sur une réflexion éthique et une capacité de discernement, dans l’observance des grands principes suivants :

Principe 1 : Respect des droits de la personne

Le psychologue réfère son exercice aux principes édictés par les législations nationale, européenne et internationale sur le respect des droits fondamentaux des personnes, et spécialement de leur dignité, de leur liberté et de leur protection. Il s’attache à respecter l’autonomie d’autrui et en particulier ses possibilités d’information, sa liberté de jugement et de décision. Il favorise l’accès direct et libre de toute personne au psychologue de son choix. Il n’intervient qu’avec le consentement libre et éclairé des personnes concernées. Il préserve la vie privée et l’intimité des personnes en garantissant le respect du secret professionnel. Il respecte le principe fondamental que nul n’est tenu de révéler quoi que ce soit sur lui-même.

Principe 2 : Compétence

Le psychologue tient sa compétence :
de connaissances théoriques et méthodologiques acquises dans les conditions définies par la loi relative à l’usage professionnel du titre de psychologue ;
de la réactualisation régulière de ses connaissances ;
de sa formation à discerner son implication personnelle dans la compréhension d’autrui. Chaque psychologue est garant de ses qualifications particulières. Il définit ses limites propres compte tenu de sa formation et de son expérience. Il est de sa responsabilité éthique de refuser toute intervention lorsqu’il sait ne pas avoir les compétences requises. Quel que soit le contexte de son intervention et les éventuelles pressions subies, il fait preuve de prudence, mesure, discernement et impartialité.

Principe 3 : Responsabilité et autonomie

Outre ses responsabilités civiles et pénales, le psychologue a une responsabilité professionnelle. Dans le cadre de sa compétence professionnelle, le psychologue décide et répond personnellement du choix et de l’application des méthodes et techniques qu’il conçoit et met en œuvre et des avis qu’il formule. Il peut remplir différentes missions et fonctions : il est de sa responsabilité de les distinguer et de les faire distinguer.

Principe 4 : Rigueur

Les modes d’intervention choisis par le psychologue doivent pouvoir faire l’objet d’une explicitation raisonnée et d’une argumentation contradictoire de leurs fondements théoriques et de leur construction. Le psychologue est conscient des nécessaires limites de son travail.

Principe 5 : Intégrité et probité

Le psychologue a pour obligation de ne pas exploiter une relation professionnelle à des fins personnelles, religieuses, sectaires, politiques, ou en vue de tout autre intérêt idéologique.

Principe 6 : Respect du but assigné

Les dispositifs méthodologiques mis en place par le psychologue répondent aux motifs de ses interventions, et à eux seulement. En construisant son intervention dans le respect du but assigné, le psychologue prend notamment en considération les utilisations qui pourraient en être faites par des tiers.

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TITRE 1 : L’EXERCICE PROFESSIONNEL

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CHAPITRE I
DEFINITION DE LA PROFESSION

Article 1 : Le psychologue exerce différentes fonctions à titre libéral, salarié du secteur public, associatif ou privé. Lorsque les activités du psychologue sont exercées du fait de sa qualification, le psychologue fait état de son titre.

Article 2 : La mission fondamentale du psychologue est de faire reconnaître et respecter la personne dans sa dimension psychique. Son activité porte sur les composantes psychologiques des individus considérés isolément ou collectivement et situés dans leur contexte.

Article 3 : Ses interventions en situation individuelle, groupale ou institutionnelle relèvent d’une diversité de pratiques telles que l’accompagnement psychologique, le conseil, l’enseignement de la psychologie, l’évaluation, l’expertise, la formation, la psychothérapie, la recherche, le travail institutionnel. Ses méthodes sont diverses et adaptées à ses objectifs. Son principal outil est l’entretien.

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CHAPITRE II
LES CONDITIONS DE L’EXERCICE DE LA PROFESSION

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Article 4 : Qu’il travaille seul ou en équipe, le psychologue fait respecter la spécificité de sa démarche et de ses méthodes. Il respecte celles des autres professionnels.

Article 5 : Le psychologue accepte les missions qu’il estime compatibles avec ses fonctions et ses compétences.

Article 6 : Quand des demandes ne relèvent pas de sa compétence, il oriente les personnes vers les professionnels susceptibles de répondre aux questions ou aux situations qui lui ont été soumises.

Article 7 : Les obligations concernant le respect du secret professionnel s’imposent quel que soit le cadre d’exercice.

Article 8 : Lorsque le psychologue participe à des réunions pluri professionnelles ayant pour objet l’examen de personnes ou de situations, il restreint les informations qu’il échange à celles qui sont nécessaires à la finalité professionnelle. Il s’efforce, en tenant compte du contexte, d’informer au préalable les personnes concernées de sa participation à ces réunions.

Article 9 : Avant toute intervention, le psychologue s’assure du consentement libre et éclairé de ceux qui le consultent ou qui participent à une évaluation, une recherche ou une expertise. Il a donc l’obligation de les informer de façon claire et intelligible des objectifs, des modalités et des limites de son intervention, et des éventuels destinataires de ses conclusions.

Article 10 : Le psychologue peut recevoir à leur demande, des mineurs ou des majeurs protégés par la loi en tenant compte de leur statut, de leur situation et des dispositions légales et réglementaires en vigueur.

Article 11 : L’évaluation, l’observation ou le suivi au long cours auprès de mineurs ou de majeurs protégés proposés par le psychologue requièrent outre le consentement éclairé de la personne, ou au moins son assentiment, le consentement des détenteurs de l’autorité parentale ou des représentants légaux.

Article 12 : Lorsque l’intervention se déroule dans un cadre de contrainte ou lorsque les capacités de discernement de la personne sont altérées, le psychologue s’efforce de réunir les conditions d’une relation respectueuse de la dimension psychique du sujet.

Article 13  : Les avis du psychologue peuvent concerner des dossiers ou des situations qui lui sont rapportées. Son évaluation ne peut cependant porter que sur des personnes ou des situations qu’il a pu examiner lui-même.

Article 14 : Dans toutes les situations d’évaluation, quel que soit le demandeur, le psychologue informe les personnes concernées de leur droit à demander une contre évaluation.

Article 15 : Le psychologue n’use pas de sa position à des fins personnelles, de prosélytisme ou d’aliénation économique, affective ou sexuelle d’autrui.

Article 16 : Le psychologue présente ses conclusions de façon claire et compréhensible aux intéressés.

Article 17 : Lorsque les conclusions du psychologue sont transmises à un tiers, elles répondent avec prudence à la question posée et ne comportent les éléments d’ordre psychologique qui les fondent que si nécessaire. La transmission à un tiers requiert l’assentiment de l’intéressé ou une information préalable de celui-ci.

Article 18 : Le psychologue n’engage pas d’intervention ou de traitement impliquant des personnes auxquelles il est personnellement lié. Dans une situation de conflits d’intérêts, le psychologue a l’obligation de se récuser.

Article 19 : Le psychologue ne peut se prévaloir de sa fonction pour cautionner un acte illégal et son titre ne le dispense pas des obligations de la loi commune. Dans le cas de situations susceptibles de porter atteinte à l’intégrité psychique ou physique de la personne qui le consulte ou à celle d’un tiers, le psychologue évalue avec discernement la conduite à tenir en tenant compte des dispositions légales en matière de secret professionnel et d’assistance à personne en péril. Le psychologue peut éclairer sa décision en prenant conseil auprès de collègues expérimentés.

Article 20 : Les documents émanant d’un psychologue sont datés, portent son nom, son numéro ADELI, l’identification de sa fonction, ses coordonnées professionnelles, l’objet de son écrit et sa signature. Seul le psychologue auteur de ces documents est habilité à les modifier, les signer ou les annuler. Il refuse que ses comptes rendus soient transmis sans son accord explicite et fait respecter la confidentialité de son courrier postal ou électronique.

Article 21 : Le psychologue doit pouvoir disposer sur le lieu de son exercice professionnel d’une installation convenable, de locaux adéquats pour préserver la confidentialité, de moyens techniques suffisants en rapport avec la nature de ses actes professionnels et des personnes qui le consultent.

Article 22 : Dans le cas où le psychologue est empêché ou prévoit d’interrompre son activité, il prend, avec l’accord des personnes concernées, les mesures appropriées pour que la continuité de son action professionnelle puisse être assurée.

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CHAPITRE III
LES MODALITES TECHNIQUES DE L’EXERCICE PROFESSIONNEL

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Article 23 : La pratique du psychologue ne se réduit pas aux méthodes et aux techniques employées. Elle est indissociable d’une appréciation critique et d’une mise en perspective théorique de ces techniques.

Article 24 : Les techniques utilisées par le psychologue à des fins d’évaluation, de diagnostic, d’orientation ou de sélection, doivent avoir été scientifiquement validées et sont actualisées.

Article 25 : Le psychologue est averti du caractère relatif de ses évaluations et interprétations. Il prend en compte les processus évolutifs de la personne. Il ne tire pas de conclusions réductrices ou définitives concernant les ressources psychologiques et psychosociales des individus ou des groupes.

Article 26 : Le psychologue recueille, traite, classe, archive, conserve les informations et les données afférentes à son activité selon les dispositions légales et réglementaires en vigueur. Il en est de même pour les notes qu’il peut être amené à prendre au cours de sa pratique professionnelle. Lorsque ces données sont utilisées à des fins d’enseignement, de recherche, de publication ou de communication, elles sont impérativement traitées dans le respect absolu de l’anonymat.

Article 27 : Le psychologue privilégie la rencontre effective sur toute autre forme de communication à distance et ce quelle que soit la technologie de communication employée. Le psychologue utilisant différents moyens télématiques (téléphone, ordinateur, messagerie instantanée, cybercaméra) et du fait de la nature virtuelle de la communication, explique la nature et les conditions de ses interventions, sa spécificité de psychologue et ses limites.

Article 28 : Le psychologue exerçant en libéral fixe librement ses honoraires, informe ses clients de leur montant dès le premier entretien et s’assure de leur accord.

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CHAPITRE IV
LES DEVOIRS DU PSYCHOLOGUE ENVERS SES PAIRS

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Article 29 : Le psychologue soutient ses pairs dans l’exercice de leur profession et dans l’application et la défense du présent Code. Il répond favorablement à leurs demandes de conseil et d’aide dans les situations difficiles, notamment en contribuant à la résolution des problèmes déontologiques.

Article 30 : Le psychologue respecte les références théoriques et les pratiques de ses pairs pour autant qu’elles ne contreviennent pas aux principes généraux du présent Code. Ceci n’exclut pas la critique argumentée.

Article 31 : Lorsque plusieurs psychologues interviennent dans un même lieu professionnel ou auprès de la même personne, ils se concertent pour préciser le cadre et l’articulation de leurs interventions.

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CHAPITRE V
LE PSYCHOLOGUE ET LA DIFFUSION DE LA PSYCHOLOGIE

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Article 32  : Le psychologue a une responsabilité dans la diffusion de la psychologie et de l’image de la profession auprès du public et des médias. Il fait une présentation de la psychologie, de ses applications et de son exercice en accord avec les règles déontologiques de la profession. Il use de son droit de rectification pour contribuer au sérieux des informations communiquées au public.

Article 33 : Le psychologue fait preuve de discernement, dans sa présentation au public, des méthodes et techniques psychologiques qu’il utilise. Il informe le public des dangers potentiels de leur utilisation et instrumentalisation par des non psychologues. Il se montre vigilant quant aux conditions de sa participation à tout message diffusé publiquement.

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TITRE II
LA FORMATION DES PSYCHOLOGUES

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Article 34  : L’enseignement de la psychologie respecte les règles déontologiques du présent Code. En conséquence, les institutions de formation :
diffusent le Code de Déontologie des Psychologues aux étudiants en psychologie dès le début de leurs études ;
fournissent les références des textes législatifs et réglementaires en vigueur ;
s’assurent que se développe la réflexion sur les questions éthiques et déontologiques liées aux différentes pratiques : enseignement, formation, pratique professionnelle, recherche.

Article 35  : Le psychologue enseignant la psychologie ne participe qu’à des formations offrant des garanties scientifiques sur leurs finalités et leurs moyens.

Article 36 : Les formateurs ne tiennent pas les étudiants pour des patients ou des clients. Ils ont pour seule mission de les former professionnellement, sans exercer sur eux une quelconque pression.

Article 37 : L’enseignement présente les différents champs d’étude de la psychologie, ainsi que la pluralité des cadres théoriques, des méthodes et des pratiques, dans un souci de mise en perspective et de confrontation critique. Il bannit nécessairement l’endoctrinement et le sectarisme.

Article 38 : L’enseignement de la psychologie fait une place aux disciplines qui contribuent à la connaissance de l’homme et au respect de ses droits, afin de préparer les étudiants à aborder les questions liées à leur futur exercice dans le respect des connaissances disponibles et des valeurs éthiques.

Article 39 : Il est enseigné aux étudiants que les procédures psychologiques concernant l’évaluation des personnes et des groupes requièrent la plus grande rigueur scientifique et éthique dans le choix des outils, leur maniement - prudence, vérification - et leur utilisation - secret professionnel et confidentialité -. Les présentations de cas se font dans le respect de la liberté de consentir ou de refuser, de la dignité et de l’intégrité des personnes présentées.

Article 40 : Les formateurs, tant universitaires que praticiens, veillent à ce que leurs pratiques, de même que les exigences universitaires - mémoires de recherche, stages, recrutement de participants, présentation de cas, jurys d’examens, etc. - soient conformes à la déontologie des psychologues. Les formateurs qui encadrent les stages, à l’Université et sur le terrain, veillent à ce que les stagiaires appliquent les dispositions du Code, notamment celles qui portent sur la confidentialité, le secret professionnel, le consentement éclairé. Les dispositions encadrant les stages et les modalités de la formation professionnelle (chartes, conventions) ne doivent pas contrevenir aux dispositions du présent Code.

Article 41 : Le psychologue enseignant la psychologie n’accepte aucune rémunération de la part d’une personne qui a droit à ses services au titre de sa fonction. Il n’exige pas des étudiants leur participation à d’autres activités, payantes ou non, lorsque celles-ci ne font pas explicitement partie du programme de formation dans lequel sont engagés les étudiants.

Article 42  : L’évaluation tient compte des règles de validation des connaissances acquises au cours de la formation initiale selon les modalités officielles. Elle porte sur les disciplines enseignées à l’Université, sur les capacités critiques et d’autoévaluation des candidats, et elle requiert la référence aux exigences éthiques et aux règles déontologiques des psychologues.

Article 43 : Les enseignements de psychologie destinés à la formation de professionnels non psychologues observent les mêmes règles déontologiques que celles énoncées aux articles 40, 41 et 42 du présent Code.

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TITRE III
LA RECHERCHE EN PSYCHOLOGIE

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Article 44  : La recherche en psychologie vise à acquérir des connaissances de portée générale et à contribuer si possible à l’amélioration de la condition humaine. Toutes les recherches ne sont pas possibles ni moralement acceptables. Le savoir psychologique n’est pas neutre. La recherche en psychologie implique le plus souvent la participation de sujets humains dont il faut respecter la liberté et l’autonomie, et éclairer le consentement. Le chercheur protège les données recueillies et n’oublie pas que ses conclusions comportent le risque d’être détournées de leur but.

Article 45 : Le chercheur ne réalise une recherche qu’après avoir acquis une connaissance approfondie de la littérature scientifique existant à son sujet, formulé des hypothèses explicites et choisi une méthodologie permettant de les éprouver. Cette méthodologie doit être communicable et reproductible.

Article 46 : Préalablement à toute recherche, le chercheur étudie, évalue les risques et les inconvénients prévisibles pour les personnes impliquées dans ou par la recherche. Les personnes doivent également savoir qu’elles gardent leur liberté de participer ou non et peuvent en faire usage à tout moment sans que cela puisse avoir sur elles quelque conséquence que ce soit. Les participants doivent exprimer leur accord explicite, autant que possible sous forme écrite.

Article 47 : Préalablement à leur participation à la recherche, les personnes sollicitées doivent exprimer leur consentement libre et éclairé. L’information doit être faite de façon intelligible et porter sur les objectifs et la procédure de la recherche et sur tous les aspects susceptibles d’influencer leur consentement.

Article 48 : Si, pour des motifs de validité scientifique et de stricte nécessité méthodologique, la personne ne peut être entièrement informée des objectifs de la recherche, il est admis que son information préalable soit incomplète ou comporte des éléments volontairement erronés. Cette exception à la règle du consentement éclairé doit être strictement réservée aux situations dans lesquelles une information complète risquerait de fausser les résultats et de ce fait de remettre en cause la recherche. Les informations cachées ou erronées ne doivent jamais porter sur des aspects qui seraient susceptibles d’influencer l’acceptation à participer. Au terme de la recherche, une information complète devra être fournie à la personne qui pourra alors décider de se retirer de la recherche et exiger que les données la concernant soient détruites.

Article 49 : Lorsque les personnes ne sont pas en mesure d’exprimer un consentement libre et éclairé (mineurs, majeurs protégés ou personnes vulnérables), le chercheur doit obtenir l’autorisation écrite d’une personne légalement autorisée à la donner. Y compris dans ces situations, le chercheur doit consulter la personne qui se prête à la recherche et rechercher son adhésion en lui fournissant des explications appropriées de manière à recueillir son assentiment dans des conditions optimales.

Article 50 : Avant toute participation, le chercheur s’engage vis-à-vis du sujet à assurer la confidentialité des données recueillies. Celles-ci sont strictement en rapport avec l’objectif poursuivi. Toutefois, le chercheur peut être amené à livrer à un professionnel compétent toute information qu’il jugerait utile à la protection de la personne concernée.

Article 51 : Le sujet participant à une recherche a le droit d’être informé des résultats de cette recherche. Cette information lui est proposée par le chercheur.

Article 52 : Le chercheur a le devoir d’informer le public des connaissances acquises sans omettre de rester prudent dans ses conclusions. Il veille à ce que ses comptes rendus ne soient pas travestis ou utilisés dans des développements contraires aux principes éthiques.

Article 53  : Le chercheur veille à analyser les effets de ses interventions sur les personnes qui s’y sont prêtées. Il s’enquiert de la façon dont la recherche a été vécue. Il s’efforce de remédier aux inconvénients ou aux effets éventuellement néfastes qu’aurait pu entraîner sa recherche.

Article 54 : Lorsque des chercheurs et/ou des étudiants engagés dans une formation qui a cet objectif participent à une recherche, les bases de leur collaboration doivent être préalablement explicitées ainsi que les modalités de leur participation aux éventuelles publications à hauteur de leur contribution au travail collectif.

Article 55 : Lorsqu’il agit en tant qu’expert (rapports pour publication scientifique, autorisation à soutenir thèse ou mémoire, évaluation à la demande d’organisme de recherche…) le chercheur est tenu de garder secrets les projets et les idées dont il a pris connaissance dans l’exercice de sa fonction d’expertise. Il ne peut en aucun cas en tirer profit pour lui-même.

Les associations signataires renoncent à tous droits de propriété et autorisent la reproduction du Code sous réserve que soient mentionnés leurs noms et la date du présent document : 22 mars1996 et actualisé en février 2012).

 


La Communication durable

En entreprise, une bonne communication est une sur-communication qui permette de rendre intelligible à chacun la stratégie de l’entreprise. L’information doit être largement accessible au plus grand nombre et à tout moment.
Le choix des informations, la sélectivité d’accès (suivant le niveau de confidentialité), la ligne rédactionnelle, et les canaux de diffusion sont à élaborer au cas par cas.
La recherche de feed-back (boite à idée, partage d’expérience, entretien professionnels annuels, tribune ouverte, questionnaire de perception de qualité de vie au travail, réunions et focus groupes…), sont indispensable pour permettre d’ajuster la communication.

Le manque de communication institutionnelle ouvre la porte aux transgressions & aux rumeurs et provoquent de l’anxiété et des divisions préjudiciable tant à l’efficience de l’organisation qu’au bien-être des individus qui la composent.

Le résultat d’un travail exécuté dans la compréhension des objectifs et des moyens sont nettement meilleurs que ceux résultant de l’exécution d’une simple obligation dont le collaborateur cherche à s’acquitter. De plus, la satisfaction pour l’agent s’en trouve largement renforcée parce que son travail contribue alors à son accomplissement.
Le rôle du management de proximité ne peut plus se réduire à relayer des consignes mais consiste désormais à relier les strates hiérarchiques.

Il doit être en capacité de fédérer, de convaincre, d’ajuster la mise en œuvre tactique de la stratégie organisationnelle dans un compromis dynamique. Enfin, il doit remonter les difficultés rencontrées pour permettre l’ajustement des orientations politiques de l’entreprise.

La qualité de communication du management est essentielle alors que la fonction d’encadrement est souvent attribuée au regard de l’expertise technique. Le besoin de formation en communication des cadres de proximité important.

La Communication Non Violente « CNV ».

Exprimer ses désaccords de la manière la plus constructive possible, apporter des propositions d’amélioration à sa situation de travail compatible avec la recherche légitime d’amélioration de l’efficacité collective, constituent un pilier de l’équilibre social et de la réussite de l’organisation.

La colère est l’expression tragique d’un besoin insatisfait, la manifestation du désespoir de se faire entendre. L’incompréhension peut conduire au blocage social. Maintenir une écologie relationnelle dans la culture de l’organisation est le meilleur moyen de prévenir la crise.

L’une des missions du psychologue du travail consiste à redonner les clefs d’une communication efficace et sereine pour un meilleur équilibre relationnel.

Dans ma pratique, j’utilise le modèle de développement personnel de la Communication Non Violente qui fut mis au point par Marshal B. Rosenberg, chercheur en psychologie Californien.

La Communication Non Violente est un art du dialogue au service d’un art de vivre où nous apprenons à entretenir une forme de relation qui encourage la paix, la bienveillance et la coopération.

Comme tout apprentissage, cette approche d’une nouvelle attitude de communication demande quelques efforts :
- Beaucoup de vigilance (le naturel revient au galop)
- D’accepter d’avoir peur (la transformation collective doit être progressive)
- Une bonne dose de persévérance (l’institution doit promouvoir les bonnes pratiques, surtout au début lorsque les comportements sont hésitants et artificiels, suscitant parfois de la méfiance et l’ironie de la part des collaborateurs).

… Jusqu’au moment où, comme tout apprentissage collectif, ce qui était difficile devient naturel et facile et l’on se demande alors pourquoi nous n’avons pas entamé ce processus de changement plus tôt !

La philosophie de la CNV est d’aborder les situations sans se focaliser sur l’objectif, mais en écoutant, en comprenant et en faisant entendre nos émotions.
Cultiver son humanité stimule la bienveillance au bénéfice de soi même et des autres et attire par réciprocité la bienveillance d’autrui.
On ne cherche plus à gagner contre les autres mais avec les autres.
Il n’existe pas un salarié au monde qui débute sa journée dans l’espoir de mal travailler. Au fond de soit, chacun d’entre-nous cherche à faire de son mieux. Face aux difficultés et aux échecs professionnels, plutôt que de trouver des coupables (dont parfois nous-mêmes) et de ruminer notre rancœur, accordons à nous même et aux autres, indulgence, compréhension et bienveillance.
Cherchons à comprendre, l’homme anxieux derrière l’autorité ou l’agressivité, la femme blessée derrière la colère, le collègue désespéré derrière le mutisme, l’angoisse qui limite l’efficacité, notre sentiment d’impuissance derrière notre colère…..
Nous pouvons apporter une plus grande sérénité et un regain de mieux être tant à notre bénéfice qu’à celui de l’efficience collective.

Développer l’empathie :

« Empathie » signifie en grec : sentir intérieurement, percevoir l’expérience subjective de l’autre.
Nous percevons la réalité telle que nous la voyons depuis notre lucarne. La perception de l’autre est différente vue depuis sa lucarne. L’une n’est pas meilleure que l’autre, ni moins bonne. L’expression de soi de manière authentique permet de faire connaitre à l’autre ce qui se passe, vu depuis notre lucarne. Quelle est ma capacité à faire entendre MON point de vue ? Quelle est ma capacité à lâcher ma propre vision pour découvrir SON point de vue ? L’autre nous offre une expérience irremplaçable qui nous permet d’enrichir la compréhension de la réalité et d’ajuster les processus de travail.
L’empathie est une qualité d’écoute et de présence à l’autre, à ses sentiments et à ses besoins, sans vouloir systématiquement convaincre et dans le respect de l’émotion du collaborateur.

L’émotion à-t-elle sa place dans la sphère professionnelle ?

S’émouvoir et se mouvoir. Ces deux verbes issus+ du latin movere « remuer » nous rappellent qu’une émotion est une mise en mouvement. L’émotion précède la réflexion. Elle influence très fortement nos décisions. Une « émotion » est assez fugace. Or, quand elle s’installe durablement elle ne joue plus son rôle d’alarme, devient une humeur puis un tempérament (Je suis triste, je suis bougon, je deviens durablement négatif ; ou encore : j’ai peur, je suis anxieux, je développe une rigidité compulsive qui étouffe mes capacités d’adaptation et mon inventivité). Tristesse, colère, peur, amertume… Doivent être entendues puis canalisées pour éviter la toxicité de leur transformation en « état permanent ». En développant une certaine acuité émotionnelle, nous ouvrons un autre canal de compréhension. Préalable à l’accession à une expression authentique, indispensable à une communication durable (plus limpide, plus calme, plus respectueuse que l’expression impulsive d’émotions non comprises). Cette nouvelle mise en mouvement vous apportera : bonne humeur, aisance sociale, créativité, estime de soi, et sérénité.

Quelques vidéos sur l’humanité qui habite au fond de chaque homme.
https://www.youtube.com/watch?gl=FR&v=Us-TVg40ExM&hl=fr
https://www.youtube.com/watch?v=OtiAG_HeZTc

Les deux fondements de la CNV:

La psychologie de la communication repose sur deux principes essentiels :

1 / Une intention de bienveillance à la recherche d’une qualité de connexion à nous même et aux l’autres. En considération que nous sommes des humains de valeur égale (quelque soit notre nos position hiérarchique respectives, chacun à LE DROIT de se sentir, en colère, émus, enthousiaste, frustré, désireux, triste, aimant, délaissé, joyeux… Et chacun à le devoir (par respect de soi et de la qualité relationnelle) de l’exprimer de manière recevable.

2/ Un style de communication en 4 étapes :
A/ L’observation de faits (sans interprétation). L’objectivation est un préalable à la compréhension.
B/ La compréhension fine des sentiments qui en découlent (en toute honnêteté).
C/ La perception d’un besoin (de manière structurée).
D/ La formulation d’une demande recevable (dans le respect et l’écoute de l’autre).

 

A/ Factuel, sans évaluer.

Observez vos comportements pour différencier ce qui « est réellement » de ce que vous «  pensez qu’il est » (Perception sélective et biais d’interprétation). Attention au « toujours », « jamais »…

Sortir de l’encrage de ses convictions à la recherche de neutralité.

Sur une situation critique il faut savoir « qui » ; « quoi » ; « quand » ; « comment » ; « combien » et « pourquoi ». Cette objectivation est le seul moyen de bien circonscrire la situation pour bien la diagnostiquer et permettre de générer des préconisations.

Au-delà des mots, l’intention de ne pas évaluer s’entend dans notre intonation, dans l’énergie de tout notre corps au cours de l’interaction. L’attitude non verbale engendre une émotion encore plus forte que les mots chez notre interlocuteur (agacement, doute, désinvolture, peur, lassitude….sont implicitement perçus par ceux à qui nous nous adressons).

B/ Mon émotion, mes sentiments.

Nos relation sociales, répondent à des normes. Nous jouons des rôles : le collaborateur zélé, le technicien compétant, le râleur, le chef, le contrôleur, le mec sympa, le défenseur….. Dans ces scénaris, l’étiquetage social contraint la libre expression des sentiments et des émotions. La prescription comportementale attribuable au rôle social agit comme un obstacle à la liberté de ressentir les émotions. Quand un collaborateur est fatiguée ça nous énerve ; quand notre chef est d’humeur rigolarde ça nous inquiète, si on est triste au bureau on dit « -ça va » et on va se cacher aux toilettes pour pleurer, si un agent de l’équipe est en colère, on lui répond qu’il n’a qu’à se calmer ! A force de faire taire nos émotions elles nous polluent, nous submergent, se cristallisent en nous et finalement, ce que nous voulions retenir s’exprime à notre insu souvent de la mauvaise manière.
Notre ressenti, c’est la teinte de notre vie. Elle change à chaque moment de la journée. Les émotions, qui nous habitent successivement sont très variées. Nous ne savons souvent pas les percevoir et nous manquons de vocabulaire pour les décrire. Lorsqu’une sensation (un sentiment, un état d’âme) n’est pas entendu, alors il n’est pas géré et à force donne sa teinte à toute notre existence. (A force de ne pas entendre ma colère, elle occupe trop de place en moi, et je m’aperçois que je n’arrive plus à être en lien avec les autres, à participer aux débats…).
Les 4 grands sentiments de base (joie, colère, peur, tristesse) se combinent en une infinité de nuances que nous ressentons à tout moment (enthousiasme, paix, irritation, lourdeur, sérénité, fatigue, frustration, désir, dégoût, irritabilité, fierté, rancœur, amertume, attirance…..)
Vous arrive-t-il d’être contrarié ou triste sans vous en apercevoir au moment même (cela peut durer plusieurs jours avant que vous ne vous en aperceviez. Ce sont alors parfois vos proches qui vous le font observer-« Là, tu es en colère », « -Je te sens tendu et anxieux depuis quelques temps », « -Mais regardes tu es crevé… » ). Acceptons de percevoir en conscience et « d’étiqueter » nos émotions. Qu’on le veuille ou non, elles existent. Les accepter ne constitue pas une faiblesse.

C/ Un sentiment est un messager qui a pour but d’attirer notre attention sur un besoin qui n’est pas satisfait.
Quelle est votre émotion du moment ? De quel besoin est-elle l’écho ?
- Sentiment d’anxiété = besoin de stabilité, de rassurance…
- Lassitude : besoin d’épanouissement, de donner du sens à son action, d’être reconnu…
- Fatigue : besoin de ressourcement : prendre le temps de se reconnecter à soi-même après une tâche éprouvante, après un évènement triste….
- Enthousiasme : besoin de libérer son énergie créative et d’entreprendre de nouveaux défis…

Cependant l’entreprise ou l’interlocuteur n’est pas systématiquement en devoir et en capacité de répondre à ce besoin. D’autant que l’entreprise est soumise à une pression concurrentielle qui limite et contraint ses capacités d’action sociale. Au sein de l’organisation de travail, entre le « je veux tout » et le « rien n’est possible » doit s’inventer un équilibre ajustable.

Nos sentiments ne sont pas causés par autrui, ils n’appartiennent qu’à nous. L’autre (individu ou collectif de travail) n’est pas responsable de la souffrance liée à nos besoins insatisfaits. L’expression d’un besoin n’implique ni une personne, ni une organisation. Si le besoin est exprimé de manière « neutre », cela ouvre simplement la possibilité de à générer des solutions.
De la même façon, il est injuste que je m’alourdisse en endossant la responsabilité du vécu d’autrui.
Ma façon de l’aider ne sera pas exactement celle qu’il imaginait, mais elle sera juste pour moi.
Aussi l’expression « neutre » d’un besoin n’implique pas l’autre personne. Elle doit s’exprimer ant tant que « J’ai besoin de…. ». Et non pas « J’ai besoin que tu….. ».

Une relation s’épanouit d’avantage quand la culpabilisation mutuelle diminue et que chacun entend, accueille et considère les besoins de l’autre à égalité avec les siens.
Dans l'expression des besoins, le conflit est impossible car c’est un niveau qui amène la compréhension et non le jugement.

D/ La demande :
Par crainte de top peser sur la relation ou par peur du refus, nous émettons souvent des demande confuses…. Qui donnent lieu à des réponses non engageantes qui ne se transforment jamais en action. « -Non mais ça c’est plus possible. Si ça continue il va falloir que ça cesse ! ».

Une demande doit être adressée de manière précise :

« -Serais-tu d’accord pour m’assister dans cette tâche que je réalise pour la première fois ? Quel jour de la semaine prochaine peux-tu te rendre disponible pendant ½ journée ?»
-> « -oui » ; « -Non »

Et non pas :

« - J’m’en sortirais pas tout seul ».
-> « - Mouai, t’inquiètes pas, ça va bien se passer … »

La demande concerne l’instant présent et elle est réaliste. Elle laisse le choix de répondre non.

90% de nos demandes sont des demandes de connexion guères efficaces: « Je souhaiterais que nous puissions prendre le temps de discuter ensemble … ».
« Je souhaiterais être soulagée dans les tâches d’organisation… »

10% sont des demandes d’action efficaces,: « Maintenant, je souhaite que nous prenions nos agendas pour bloquer un créneau d’une heure au cours duquel nous allons discuter de ma charge de travail et de besoin d’en réviser la répartition. »
Dans la demande, il y a la puissance d’initier le changement. Parfois, cela peut faire peur de découvrir à quel point on a le pouvoir de créer ce à quoi on aspire, au-delà de la peur de recevoir un refus. En exprimant des demandes diffuses nous croyons ménager la relation. En fait nous ne faisons que brouiller la communication.

N’ayons pas peur de prendre notre place, en toute humilité et authenticité et dans le respect des besoins de l’organisation.


La Communication non-violente

La Communication Non Violente « CNV »
La colère est l’expression tragique d’un besoin insatisfait, la manifestation du désespoir de se faire entendre.

Le modèle de développement personnel de la CNV fut mis au point par Marshal B. Rosenberg, chercheur en psychologie Californien.

Il s’agit d’un art du dialogue au service d’un art de vivre ou nous apprenons à entretenir une forme de relation qui encourage la paix, la bienveillance et la coopération.

Comme tout apprentissage, cette approche d’une nouvelle attitude de communication demande quelques efforts :
-Beaucoup de vigilance (Le naturel revient au galop)
-D’accepter d’avoir peur
-Une bonne dose de persévérance (surtout au début lorsque nos comportements sont hésitants et artificiels suscitant parfois l’ironie)

… Jusqu’au moment où, comme tout apprentissage, ce qui était difficile devient naturel et facile et l’on se demande alors pourquoi nous n’avons pas entamé ce processus de changement plus tôt !

La philosophie de la CNV est d’aborder les situations sans se focaliser sur l’objectif, mais en écoutant, en comprenant et en faisant entendre notre cœur.
Cultiver son humanité stimule la bienveillance au bénéfice de soi même et des autres et attire également la bienveillance d’autrui.

On ne cherche plus à gagner contre les autres mais avec les autres.

Plutôt que de trouver des coupables (dont souvent nous-mêmes) et de ruminer notre rancœur, accordons à nous même et à l’autre indulgence, compréhension et bienveillance.
Cherchons à comprendre l’enfant insatisfait derrière le caprice, l’homme anxieux derrière l’autorité, la femme blessée derrière la colère, l’adolescent désespéré derrière le mutisme, l’angoisse de solitude derrière le radotage sénile, notre sentiment d’impuissance derrière notre colère…..

Nous pouvons permettre l’accès à plus de sérénité et de mieux être à nous même et aux autres.

« Empathie » signifie en grec : sentir intérieurement, percevoir l’expérience subjective de l’autre.
Nous percevons la réalité telle que nous la voyons depuis notre lucarne. La perception de l’autre est différente vue depuis sa lucarne. L’une n’est pas meilleure que l’autre, ni moins bonne. L’expression de soi de manière authentique permet de faire connaitre à l’autre ce qui se passe depuis notre lucarne. Quelle est ma capacité à faire entendre MON point de vue ? Quelle est ma capacité à lâcher ma propre vision pour découvrir SON point de vue ? L’autre nous offre une expérience irremplaçable qui nous permet d’enrichir la compréhension de la réalité.
L’empathie est une qualité d’écoute et de présence à l’autre, à ses sentiments et à ses besoins, sans vouloir l’amener quelque part et sans se souvenir du passé.

S’émouvoir et se mouvoir. Ces deux verbes issus+ du latin movere « remuer » nous rappellent qu’une émotion est une mise en mouvement. Une « émotion » est assez fugace. Or, quand elle s’installe durablement elle ne joue plus son rôle d’alarme, devient une humeur puis un tempérament (Je suis triste, je suis bougon, je suis dépressif ou encore : j’ai peur, je suis anxieux, je développe une phobie). Tristesse, colère, peur, amertume… Doivent être entendues puis canalisées pour éviter la toxicité de leur transformation en « état permanent ». En développant une certaine acuité émotionnelle, nous ouvrons un autre canal de compréhension. Préalable à l’accession à autre canal d’expression. Lui-même débouchant sur un nouvel océan de la communication, plus limpide et plus calme que les obscures tempêtes qui parfois nous agitent. Cette nouvelle mise en mouvement vous apportera : bonne humeur, aisance sociale, estime de vous et sérénité.

Quelques vidéos sur l’humanité qui habite au fond de chaque homme.
https://www.youtube.com/watch?gl=FR&v=Us-TVg40ExM&hl=fr
https://www.youtube.com/watch?v=OtiAG_HeZTc

 

Les deux fondements de la CNV:

1 / Une intention de bienveillance à la recherche d’une qualité de connexion à nous même et à l’autre. En considération que nous sommes des humains de valeur égale.

2/ Un style de communication en 4 étapes :

  • L’observation de faits (sans interprétation).
  • L’expression des sentiments (en toute honnêteté).
  • L’expression d’un besoin (de manière structurée).
  • La formulation d’une demande (dans le respect et l’écoute de l’autre).

Factuel, sans évaluer.

Observez vos comportements pour différencier ce qui est de ce que vous pensez.

Sortir de l’encrage de ses convictions en toute neutralité. Au-delà des mots, l’intention de ne pas évaluer s’entend dans notre intonation, dans l’énergie de tout notre corps au cours de l’interaction. L’attitude non verbale engendre une émotion encore plus forte que les mots chez notre interlocuteur.

Mon émotion, mes sentiments.

Nos relation sociales, répondent à des normes. Nous jouons des rôles : le collaborateur, la cliente, le marchand, L’étudiante, le père de famille….. Dans ces scénaris, les sentiments et les émotions n’ont pas leur place et sont même souvent vécus comme un obstacle au bon fonctionnement social (Quand la caissière est fatiguée ça nous énerve ; quand notre médecin est d’humeur rigolarde ça nous inquiète, si on est triste au bureau on dit « -ça va » et on va aux toilettes pour pleurer, si notre conjoint est en colère il n’a qu’à se calmer). A force de faire taire nos émotions elles nous polluent, nous submergent, se cristallisent en nous et finalement, ce que nous voulions retenir s’expriment à notre insu souvent de la mauvaise manière.

Notre ressenti, c’est la teinte de notre vie. Elle change à chaque moment de la journée. Les émotions, qui nous habitent successivement sont très variées. Nous ne savons souvent pas les percevoir et nous manquons de vocabulaire pour les décrire. Lorsqu’une sensation (un sentiment, un état d’âme) n’est pas entendu, alors il n’est pas géré et à force donne la teinte à toute notre existence. (A force de ne pas entendre ma colère, elle occupe trop de place en moi, et je m’aperçois que je n’arrive plus à m’amuser avec les autres, à partager leur gaîté…).

Les 4 grands sentiments de base (joie, colère, peur, tristesse) se combinent en une infinité de nuances que nous ressentons à tout moment (enthousiasme, paix, irritation, lourdeur, sérénité, fatigue, frustration, désir, dégoût, irritabilité, fierté, rancœur, amertume, attirance…..)

Vous arrive-t-il d’être contrarié ou triste sans vous en apercevoir au moment même (cela dure parfois plusieurs jours avant que vous ne vous en aperceviez ou alors, ce sont les autres qui vous le font observer-« Là, tu es en colère », « -Je te sens tendu et anxieux depuis quelques temps », « -Mais regardes tu es crevé… » ).

Quelle est votre émotion du moment ?

Un sentiment est un messager qui a pour but d’attirer notre attention sur un besoin qui n’est pas satisfait.
-Besoin de sécurité matérielle, affective..
-Besoin d’épanouissement : donner du sens à sa vie, être reconnu…
-Besoin de ressourcement : prendre le temps de se reconnecter à moi-même après une tâche éprouvante, après un évènement triste….

Cependant autrui n’est pas systématiquement en devoir de répondre à notre besoin. Lorsque je dis à mon conjoint : « Je suis triste parce que tu travailles trop » je signifie, en fait, que je manque d’entourage, d’affection et de contacte. Est-ce obligatoirement à mon conjoint d’en porter la responsabilité, voir la culpabilité et d’apporter une solution ? Il faut juste que chacun entende, accueil et considère les besoins de l’autre à égalité des siens et exprime ses propres besoins. Ce n’est pas parce que j’ai besoin de plus d’entourage, de compréhension ou d’affection que l’autre est dans l’obligation de répondre à ce besoin. Je n’ai pas le droit de reprocher à l’autre mon besoin insatisfait. J’ai seulement le devoir, par humanité envers moi-même, d’exprimer mon besoin. Libre à l’autre de faire ce qui semble juste pour lui.

Nos sentiments ne sont pas causés par autrui, ils n’appartiennent qu’à nous. L’autre n’est pas responsable de la souffrance liée à nos besoins insatisfaits. L’expression d’un besoin n’implique ni une personne, ni une action !
De la même façon, il est injuste que je m’alourdisse en endossant la culpabilité du vécu de l’autre.
Si le besoin est exprimé de manière « neutre », cela m’ouvre la possibilité de peut-être pouvoir l’aider. Ma façon de l’aider ne sera pas exactement celle qu’il imaginait, mais elle sera juste pour moi.

Aussi l’expression «  neutre »d’un besoin n’implique pas l’autre personne. «- J’ai besoin de…. ». Et non pas « -J’ai besoin que tu….. ».

Une relation s’épanouit d’avantage quand la culpabilisation mutuelle diminue et que chacun entend, accueille et considère les besoins de l’autre à égalité avec les siens.

Au niveau des besoins, le conflit est impossible car c’est un niveau qui amène la compréhension et non le jugement.

La demande :

Elle est adressée à quelqu’un de manière précise : « -serais –tu d’accord de faire la vaisselle» et non pas « -j’ai besoin d’aide »

Elle concerne l’instant présent et elle est réaliste : « -Peux-tu, stp, faire la vaisselle ? » et non pas « -dorénavant tu feras la vaisselle ».

Elle laisse le choix de répondre non.

90% de nos demandes sont des demandes de connexion : « -Je souhaiterais que nous puissions prendre le temps de discuter ensemble … ». « -Je souhaiterais être soulagée dans les tâches ménagères. »
10% sont des demandes d’action : « -Maintenant, je souhaite que nous prenions nos agendas pour bloquer une soirée au cours de laquelle nous allons discuter. » « -Serais-tu d’accord pour faire la vaisselle ce soir et d’une manière régulière tous les soirs ? ».

Dans la demande, il y a la puissance d’initier le changement. Parfois, cela peut faire peur de découvrir à quel point on a le pouvoir de créer ce à quoi on aspire, au-delà de la peur de recevoir un « non ».


Qu'est ce que la sophrologie ?

La CNV La Communication Non Violente est un art du dialogue au service d’un art de vivre où nous apprenons à entretenir une forme de relation qui encourage la paix, la bienveillance et la coopération. La qualité des processus relationnels constitue un élément primordial de l’épanouissement personnel pouvant s’exercer dans tous les groupes d’appartenance sociale (famille, travail, amis, réseaux…).

 

Dépression et Burn out : La dépression apparaît parfois après un choc psychologique mais le plus souvent cet épuisement nerveux se développe lentement et inéluctablement sans vraiment pouvoir dire quand, pourquoi et comment ça a commencé. Elle trouve son origine dans une multitude de facteurs. Il existe cependant de conditions prédisposantes, perpétuantes et précipitantes qui doivent chacune être analysées. Il devient ensuite possible de mettre en œuvre des processus d’interaction mieux ajustés : réaliser des choix d’acceptation, de transformation ou de renoncement nécessaires à retrouver une harmonie entre ses besoins, ses désirs, ses limites et son environnement. Lorsque l’épuisement psychique est d’origine principalement imputable à l’activité professionnelle, on parle alors de burn-out.