Jean Louis Lamouille

Harcèlement moral

L’ENQUÊTE INTERNE EN CAS DE SUSPICION DE HARCÈLEMENT MORAL

A quel moment recourir à une enquête interne :

Suite au signalement d’un cas présumé de harcèlement moral, la Direction peut engager une enquête afin de rassembler des éléments objectifs, constitutifs de preuves. Le rapport de l’enquête pourra soit permettre au collaborateur en souffrance d’ajuster son émotion (ce qu’il ressent comme du harcèlement correspond à une subordination hiérarchique normale et il convient qu’il apprenne à s’y adapter) soit conduire à un réajustement dans les processus d’organisation et de communication internes (formation coaching du manager en communication non-violente) soit conduire à une éventuelle sanction disciplinaire en cas de conduite inappropriée.

Le déroulement d’une enquête interne :

  • Temps d’échange avec la Direction et les Ressources Humaines pour comprendre le contexte, l’historique et les faits.
  • Rencontre individuelle des personnes concernées.
  • Rencontre de l’ensemble des membres du service, potentiels témoins des faits étudiés (dysfonctionnement de l’activité, relations interpersonnelles, violence verbale...).
  • Rédaction du rapport d’enquête.
  • Formation coaching de l’encadrement sur la communication non-violente.

Résultats :

A l’issue de l’enquête, vous disposerez d’un rapport circonstancié et étayé des témoignages rassemblés et autres éléments recueillis en vue de transformer les processus managériaux et/ou le cas échéant d’engager des poursuites disciplinaires si le harcèlement est établi. Ce rapport fait l’objet d’une présentation détaillée et commentée.

Le code de déontologie nous contraint au respect de la confidentialité du rapport qui ne sera rendu qu’aux protagonistes concernés, aux dirigeants ainsi qu’aux partenaires de santé (médecin du travail, psychologue du travail, éventuellement le CHSCT).
Enfin, si l’organisation est globalement maltraitante, si les dirigeants avertis ne prennent aucune mesure, notre responsabilité « d’assistance à personne en danger » nous contraint à signaler le dysfonctionnement aux autorités compétentes.

 


Le document unique

LE DOCUMENT UNIQUE

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) constituent la première maladie professionnelle en France. Leur origine est intimement liée au stress. Le coût pour l’entreprise correspond à un treizième mois de salaire (Source CNAMTS).

Notre Cabinet vous accompagne dans la réalisation de votre document unique d’évaluation des risques, en vous permettant d’y intégrer les risques psychosociaux. Plus qu’une réponse à l’obligation légale, notre intervention a pour objectif d’améliorer la qualité de vie au travail ainsi que l’efficience collective qui en découle.

Le Document Unique, une obligation législative :

L’article R.230-1 du Code du Travail oblige l’employeur à transcrire et mettre à jour dans un document unique les résultats de l’évaluation des risques comportant "un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail de l’entreprise ou de l’établissement" et précise les conditions de mise à jour et de mise à disposition de ce document.

L’élaboration du Document Unique se déroule en 5 phases :

  1. Information sur la démarche auprès de l’ensemble du personnel.
  2. Mise en place d’un (ou plusieurs) groupe de travail représentatif des différents services et strates hiérarchiques.
  3. Accompagnement à l’évaluation des risques
  4. Rédaction, synthèse et validation de l’évaluation et des axes de prévention envisagés
  5. Présentation des résultats de l’évaluation aux membres du groupe de travail et à la direction.

Résultats :

A l’issue de la démarche, nous vous remettons le document unique d’évaluation des risques psychosociaux de votre entreprise. Il fait l’objet d’une présentation détaillée et commentée concernant les aspects suivants :

  • Évaluation et cotation des risques
  • Préconisations pour prévenir les risques identifiés dans l’entreprise

 


EMDR

L’EMDR ne peut ni effacer, ni changer le passé mais permet qu’il ne fasse plus mal.

Les initiales EMDR correspond à son appellation anglo-saxonne : Eye-Movement Desensitization and Reprocessing, ou Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires.

Comment fonctionne l’EMDR :

 Des expériences négatives peuvent nous choquer, soit par leur intensité (sidération) soit par leur durée ou leur répétition (somme de microtraumatismes). Nous sommes alors dépassés. Notre système de traitement adaptatif de l’information est mis en échec.
Non métabolisés, les souvenirs (accompagnés de toute leur force émotionnelle négative) restent bloqués dans le système neuro-émotionnel. Les images négatives et les croyances associées demeurent cristallisées en réminiscence de troubles post-traumatiques qui peuvent générer beaucoup d’inconfort dans les émotions, les perceptions, les pensées, les croyances, les comportements et même les sensations physiques (troubles psychosomatiques).
Ces troublent constituent une réaction normale lorsqu’on a vécu des situations anormales.

Lorsque l’on dort et que l’on rêve, (sommeil paradoxal), notre cerveau intègre les évènements de la journée dans notre réseau neuronal. Pendant ce travail d’intégration, sous nos paupières, nos yeux font des mouvements de balayage.

L’action psychothérapeutique de l’EMDR consiste à se replonger dans les souvenirs pénibles et, par une stimulation bilatérale alternée (mouvements oculaires), réactiver le processus de traitement adaptatif de l’information pour permettre le déblocage du système nerveux (comme nous le faisons spontanément la nuit lorsque nous rêvons).

L'EMDR est autant indiqué pour le traitement des chocs traumatiques (accidents, viols, attentats, agressions…) que pour les personnes victimes de traumatismes complexes ayant eu lieu durant l'enfance ou de manière répétée, comme des violences conjugales, l’inceste, l’humiliation ou la négligence…. Attention, plus cela s'est passé jeune, plus le traitement est long.

 

 

Les études cliniques montrent que les mouvements oculaires s’accompagnent d’une activité cholinergique, c'est-à-dire de relâchement. Dans le cerveau, un lien s’établirait donc entre l’état de mal-être revécu par la personne centrée sur son souvenir et l’état de bien-être apporté par les mouvements oculaires dans un contexte de sécurité. Ce lien expliquerait le retraitement de l’information dysfonctionnelle propre aux traumatismes psychiques. Comme il existe une constante relation entre les cerveaux limbique et cognitif, une baisse de la tension émotionnelle génère une plus grande possibilité d’associer. Progressivement la même représentation perturbante sera reliée à un ensemble de pensées non génératrices d’émotions et le patient pourra considérer autrement ce qui jadis était à l’origine de son stress et de ses états anxieux.

L’efficacité de l’EMDR est telle que l’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS) le recommande en niveau « A » pour le traitement des traumatismes. En France son utilisation est recommandée pour le traitement du syndrome de stress post-traumatique par la Haute Autorité de la Santé (HAS - juin 2007).

 


Le Lean management

Le Lean management

ou l’augmentation de la productivité tout en contenant les moyens.

Nous vivons dans une économie de « libre concurrence régulée ». La régulation s’appliquant essentiellement à la protection des consommateurs et de l’environnement. Cette concurrence garantit aux consommateurs (que nous sommes) le meilleur rapport qualité/prix. Biaiser la concurrence revient donc à léser le consommateur en réduisant l’éventail de ses choix.

Les pays et les organisations qui se sont protégés de cette compétition ouverte ont, à court ou moyen terme, vécu un appauvrissement générale de leur économie. Sortir de la situation de concurrence nous conduirait très probablement à une baisse de notre compétitivité et de notre pouvoir d’achat.
Ainsi, pour la majorité des salariés qui sont passés de 39 à 35 heures de travail hebdomadaire, la charge de travail n’a pas diminué. La plupart des opérateurs devaient atteindre les mêmes objectifs en un temps de travail réduit de 10%. Ce qui a renforcé la densification du travail.

Pour rester concurrentielles, les organisations de travail sont contraintes à améliorer sans cesse leur productivité. Et cela vaut également pour les administrations car l’État lui-même est mis en concurrence : une entreprise peut choisir d’installer l’une de ses usines en France ou dans n’importe quelle autre région du monde. La question qu’elle se pose est : « -où l’entreprise a-t-elle le plus de chances de survivre et de se développer ? ». L’État veille donc à ce que la part du PIB utilisé pour son fonctionnement soit contenue, de manière à ce que le niveau d’imposition ne représente pas un frein à l’investissement productif. Ainsi, les administrations se trouvent, elles aussi, soumise à des contraintes croissantes de productivité et de limites budgétaires.

Dans notre activité de travail, quelle que soit notre position ou notre emploi (public ou privé) tout salarié est en devoir d’améliorer son efficience individuelle et collective, donnant souvent aux collaborateurs, le sentiment anxiogène d’être sans cesse contraint de devoir faire plus avec moins.

Apparu dans l’industrie des années 50, le lean management s’est progressivement développé dans tous les secteurs de l’industrie et des services. Le modèle repose sur trois grands principes :

  • Spécification des buts: dispositifs de finalité, déterminant ce qu’il faut faire (croissance et amélioration continues, qualité totale, etc.),
  • Rationalisation des processus: des dispositifs de procédés indiquant comment il faut le faire (processus standardisés « lean »)
  • Conscience partagée de la nécessité: pourquoi il faut le faire (discours sur « la croissance ou le déclin » développé ci-dessus).

Sans considération pour les « tâches interstitielles », le lean management réduit le travail à une suite d’opérations standardisées et de processus d’actions rationalisés en cherchant à réduire au minimum la variabilité opératoire et humaine perçue comme un frein à l’organisation fluide et optimale de la production. L’opérateur est désinvesti de la gestion des aléas. Le fantasme de maîtrise totale du lean management nie la compétence collective informelle que l’équipe développe dans l’autorégulation des zones d’incertitudes. Il isole l’individu dans la seule exécution de sa force de travail.
Pour l’encadrement, le processus s’impose comme une fin et plus seulement un moyen. L’activité et son organisation ne sont alors plus connectées au réel, entraînant une perte d’identité professionnelle démotivante.
Ce mode d’organisation implique aussi une flexibilisation de la force de travail qui combine polycompétence (permettant d’éviter la répétitivité des actions ou d’alterner entre un poste pénible et un poste qui l’est moins) et polyvalence (permettant de tenir dans une même journée ou bien simultanément plusieurs postes). L’adaptabilité du salarié est constamment sollicitée.

Si ce mode d’organisation a fait la preuve de son efficacité dans l’immense majorité des organisations de travail, elle comporte de nombreux facteurs de risques psychosociaux. Quels sont ces risques ? Peuvent-ils être prévenus ? Ou sinon minimisés ? Comment ?

Les risques psychosociaux du lean management :

Le sentiment de stress découle de l’écart entre l’exigence situationnelle et notre capacité (individuelle et collective) d’y répondre. En recherchant constamment à maximiser la productivité de l’organisation, cet équilibre entre exigence et compétence est requestionner en permanence. Donnant à l’opérateur le sentiment qu’il n’est, et ne pourra jamais maîtriser sa tâche. A peine la nouvelle organisation est-elle opérationnelle, les méthodes et les processus assimilés et ajustés, que déjà se profile la prochaine restructuration qui remettra tout en question sans se soucier du coût cognitivo-émotionnel pour le collaborateur. Il faut sans cesse agir, travailler, réussir. La pression externe s’intériorise en un challenge personnel qui pousse les collaborateurs à foncer plus vite, plus loin. Les salariés n’arrivent pas à se détendre, à se faire confiance, à se reposer sur leur expertise. A peine rencontrent-ils le succès que déjà il faut songer à s’améliorer. Ainsi, la fierté enchâssée dans la joie de bien-faire les choses s’asphyxie.

Comment, dans ces conditions le collaborateur peut-il ne pas se sentir vulnérable et se demander à quel moment ses capacités d’adaptation vont « caler », à quelle échéance la force centrifuge des réformes va-t-il l’éjecter et le réduire à la marginalisation sociale ? « -Quand arrivera mon tour de tomber au champ de l’intensification du travail? ».

Ces frustrations conduisent les collaborateurs à vivre dans une anxiété permanente.

Repérer la souffrance au travail qui en découle :

En dehors des indicateurs classiques de turnover et d’absentéisme (qui signent l’état de dégradation de la qualité de vie au travail), on peut repérer dans l’organisation quelques indicateurs plus spécifiques au lean management (observés ou cités par les agents).

  • Empilement des activités dans des logiques multiples.
  • Le turnover et l’absentéisme sont proportionnels à l’ancienneté (plutôt qu’à l’âge).
  • Clivage entre les strates managériales et le terrain.
  • Démobilisation des opérateurs qui renoncent à toute initiative (comportements zombies).
  • Zapping de priorités stratégiques au gré des évènements.
  • Affaiblissement des mécanismes de régulation du collectif (tensions et agressivité sociale).
  • Prévalence des jeux d’acteurs et des itinéraires personnels au détriment du collectif.
  • Sentiment d’isolement, de dégradation des conditions de travail et d’épuisement.
  • Explosion de TMS malgré les progrès ergonomiques.

Impacts sur la santé :

Cinq hormones du stress entrent en jeu pour sur-sollicité l’acuité cognitive et physiologique : l'ACTH (ou hormone corticotrope) ; le cortisol ; l’adrénaline ; l'ocytocine ; la vasopressine.

Tout l’organisme est mis sous tension. Les muscles, tendons et articulations se raidissent et les TMS apparaissent. Insomnie, maux de ventre & de tête, fatigue permanente, maladie de peau sont également au rendez-vous.

Quelques chiffres sur l’état des lieux en France :

D’après l’enquête « parlons travail » CFDT 2017 (2000.000 répondants).

  • 76% des français disent aimer leur travail et 57,5% prendre plaisir dans leur mission.
  • 24,8% disent « travailler avec la boule au ventre souvent ou tout le temps ».
  • 17,2% déclarent « s’ennuyer tout le temps ou souvent ».
  • 12% s’estiment « malmenés ».
  • 36,6% ont vécu un burn-out au cours de leur carrière.

D’après L’INRS, les TMS constituent la première maladie professionnelle en France.

Évolution du nombre annuel de TMS en France (Source CNAMTS)

 

Le coût des TMS pour l’entrepris est exorbitant :

 

Réduire les effets négatifs du lean management :

Les sentiments d’inaptitude et de stress peuvent être pour partie évités et pour partie atténués.

Les modalités de déploiement et de pratique du lean management constituent le facteur majeur de tension pour la santé des salariés, dans la mesure où elles n’intègrent que très peu les différents éléments de variabilité qui composent la mission de travail et les acteurs.

Pour Yves Clot, l’engagement d’augmenter la productivité et la compétitivité « réclame un redoublement d’efforts de la part de tous les acteurs concernés pour améliorer les résultats en matière de santé et de sécurité au travail ». La dégradation de la santé et de la motivation réduisant significativement la compétitivité et la productivité dans l’entreprise.

Il est ici impératif de reconsidérer l’humain non pas comme un moyen mais comme une fin en soi. C’est de la base qu’émergent les solutions adéquates.

La remédiation repose sur un élargissement de la participation : les orientations stratégiques ne peuvent plus êtres prises seulement au sommet de la pyramide et sur la base d’indicateurs chiffrés.Le management du travail ne peut s’effectuer au travers de dispositifs « désincarnés », fondés sur des modélisations du réel. La carte n’est pas le territoire !

L’organisation ne peut pas se contenter d’indexer strictement l’évaluation du travail sur des indicateurs de performance quantitatifs « qualité-coût-délai » au détriment d’une interrogation directe des agents sur leur travail réel. Ni administrer uniformément à l’ensemble des activités des processus standardisés et des objectifs sans considération pour l’opinion des collaborateurs chargés de mettre en œuvre ces stratégies.

Il convient de sortir de la seule culture du résultat et intégrer l’ensemble de la hiérarchie pour définir une stratégie claire et des objectifs partagés. Il revient au collectif de définir ensemble les critères de qualité qui permettent de définir le travail bien fait ainsi que la manière la plus appropriée d’y parvenir.

Cette consultation permet à l’ensemble des agents de transformer la vision de son travail : sortir de la « contrainte » pour aller vers un  « l’engagement ».

Donner un champ d’expression et de dialogue propice à la « contestation positive », loin d’être une perte de temps, permet de soutenir l’implication des collaborateurs et de sortir de la dichotomie morbide soumission / transgression trop souvent résolue par l’effondrement ou la désimplication.
Mettre en place un système opérationnel « d’alertes liées au travail », traitées par un groupe dédié dans des délais resserrés, afin de produire des actions opérationnelles visant à prendre en compte rapidement et concrètement les difficultés rencontrées dans l’activité et mieux prévenir les plaintes liées aux TMS.

La performance durable doit inclure le bien-être du salarié dans une relation de confiance gagnant/gagnant entre l’organisation du travail et chaque collaborateur.

Ouvrir le dialogue dans la stratégie de l’entreprise et des politiques de service peut être perçu comme une mise en danger pour les encadrants. Nous les accompagnons dans cette démarche finalement aussi profitable à la qualité de vie au travail qu’à l’atteinte des objectifs économiques de l’organisation.

 


RPS

RPS

Sous le cigle « RPS » on peut voir le coté obscure de la situation de travail au travers de ses Risques Psycho-Sociaux ou le coté lumineux au travers de ses Ressources Psycho-Sociales. De mon point de vue, la démarche ne vaut d’être menée que si, et seulement si, elle observe ces deux facettes de notre relation au travail.

Ressources à développer:

  • Précision des processus, des moyens et des objectifs. (Adéquation de la charge de travail et de l’expertise permettant de l’assumer).
  • Soutien social émotionnel et fonctionnel (entre-aide, bienveillance et transfert de compétence).
  • Management participatif (permettant la contestation constructive et les propositions innovantes).
  • Marges de manœuvre possible à l’intérieur du cadre prescrit. Cohérence et régulation managériale.
  • Possibilité de faire évoluer sa situation de travail (formation, mutation…).
  • Conditions environnementales acceptables.
  • Reconnaissance de sa hiérarchie, de son institution, de ces pairs, des utilisateurs, de la société.
  • …….

Risques à prévenir : toute ressource mal exploité peut atteindre le statut de ‘risque’.

  • 6% des travailleurs européens sont exposés à la violence. (1)
  • 15,2% chez les professionnels de santé et action sociale. (1)
  • 10,8 dans l’administration. (1)

(1) Fondation Européenne pour l’Amélioration des Conditions de Vie et de Travail, 2007

« - Dans 70% des cas de maltraitance signalés, on repère un dysfonctionnement organisationnel dans la structure » (Blanc & Juilhard, 2003)

Alors que la pénibilité au travail (vu sous l’angle de la maitrise de l’impacte physiologique de l’activité) n’a jamais été autant maitrisée les troubles musculo-squelettiques (TMS) explosent. La charge anxiogène de l’activité pèserait plus lourd sur les articulations que la masse des éléments mis en œuvre.

L’INRS positionne les TMS en tête de liste des maladies professionnelles (plus de 15% de prévalence d’après l’ANACT).

L’Institut de Socio-Économie des Entreprises et des Organisations évaluait son coût directe pour l’entrepris en 2002 entre 100 & 500€ par un et par salarié de l’entreprise (suivant le secteur d’activité). C'est-à-dire que pour une entreprise de 100 salariés l’impacte financier direct varie de 10 000€ à 50 000€ par an!

Vous pouvez évaluer le coût pour votre entreprise en suivant le lien.

Là encore, force est de constater que la prévention constitue non seulement une source d’amélioration pour la qualité de vie et l’efficience des salariés, mais aussi une économie directe pour l’entreprise.

 


Burn out

Burn-out

Les maladies qui augmentent dans le monde du travail sont les pathologies psychiques :
La Sécurité sociale a reçu, en 2016, trois fois plus de demandes de prise en charge qu'en 2011.
Des demandes à la suite de ce qu’on connaît désormais sous le nom de « burn-out ».
Voir Source

Les méfaits de la pression productive

« Il va falloir faire plus avec moins »

Travail dans l’urgence

  • Empilement des activités dans des logiques multiples.
  • Perte de lisibilité de l’organisation, des consignes et des objectifs.
  • Zapping de priorités au gré des évènements.
  • Affaiblissement des mécanismes de régulation du collectif.
  • Prévalence des jeux d’acteurs et des itinéraires personnels au détriment du collectif.
  • Sentiment d’épuisement. Burn-out.

 

burn out

Le Burn Out : Définition

  • Le Stress est un « syndrome général d’adaptation » (Hans Seyles 1930) en lien avec « l’écart de perception entre ressources personnelles et contraintes & exigences situationnelles » (Agence Européenne de Santé et Sécurité au Travail)
  • Il se caractérise par 3 phases successives:

- Mises sous tension (adrénaline) pour préparer l’attaque ou la fuite.

- Résistance.

- inhibition d’action/Épuisement.

  • Le Burn Out est un syndrome d’épuisement consécutif à l’exposition prolongée et/ou intense au stress professionnel. Il se caractérise par un sentiment d’impuissance et de désespoir.

Le collaborateur sent qu’il ne parvient plus à atteindre les objectifs (il bute du seuil d’ajustement des moyens et des processus) :
Rq : cette perception d’auto-efficacité est subjective, donc soumise à une forte variabilité intra & inter individuelle.

 

burn out

 

Repérer La Souffrance au Travail :

6 symptômes successifs

  1. Anxiété, irritabilité, troubles du sommeil.
  2. Relations sociales (Repli sur soi & isolement dû à mauvaise humeur).
  3. Pathologies réversibles (TMS, Pb cardio-vasculaire, Burn-out).
  4. Feedback agressifs & cynisme (résultant du sentiment de perte d’efficacité).
  5. Envahissement de la sphère privée (l’humeur stablement basse dégrade les relations personnelles) .
  6. Pathologies irréversibles (Incapacité permanente –AVC & infarctus-, suicide, dépendances aux psycho-actifs, burn-out avec décompensation sévère).

Variabilité inter / intra-individuelle de la symptomatique : les effets ne sont pas déterminés spécifiquement par la nature des causes, d’où la nécessité d’une mesure probabiliste (variation des taux d’absentéisme, de défauts qualité, de productivité…) ou individuel (promotion de la contestation constructive, sensibilisation du management pour la conduite des entretiens professionnels annuels, focus groupes, écoute active des partenaires sociaux….).


Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC)

Généralités sur les schémas précoces d'inadaptation

Pour situer les Thérapies Comportementale et Cognitives (TCC), je dirais que: choisir une thérapie, c’est comme choisir le chemin par lequel on va se rendre d’un point à un autre, de la souffrance à la non souffrance, de l’esclavage à la liberté.

On peut vouloir prendre l’autoroute et souhaiter aller à l’essentiel, sans trop regarder les paysages : on choisira alors les techniques d’exposition sur lesquelles s’appuie la TCC.

On peut préférer suivre des itinéraires secondaires, routes nationales et départementales, plus confortables et agréables, mais moins rapides : on utilisera alors les approches cognitives de la relaxation, sophrologie et méditation.

On peut enfin décider de passer par les chemins de randonnée à travers champs et forets, en délaissant la rapidité au profit de tout un tas de découvertes effectuées en chemin, avec aussi le risque de substituer à l’objectif initial un chemin qui semble finalement plus juste à la rencontre de soi : c’est alors le choix de la psychanalyse.

A l’écoute de l’altérité de chacun je ne suis pas attaché à une technique unique. Je cherche à répondre aux problèmes posé dans la recherche de résultats tangibles. Dans le cas d’une demande précise, j’apprécie particulièrement la TTC, parce qu’elle est brève et efficace pour le traitement d’un problème précis.

« Si je continue à faire ce que j’ai toujours fait, j’obtiendrais toujours le même résultat. »

Pour la TCC, le schéma est une sorte de boucle, processus incoercible et inconscient (qui s’auto alimente) et par lequel nous nous plaçons activement dans des situations pénibles, répétant ainsi des expériences douloureuses anciennes, sans se souvenir du prototype et avec l’impression très vive qu’il s’agit de quelque chose pleinement motivé par l’actuel.

À la base, il y a les tempéraments qui sont innés : le tempérament est la somme des caractéristiques affectives

Timidité / extraversion

Passivité / Dynamisme

Restriction émotionnelle / Intensité émotionnelle

Appréhension / Intrépidité

Sensibilité / Invulnérabilité

Ensuite, il y a l’éducation (Il n’existe pas d’éducation idéale, elle doit seulement être suffisamment bonne): répondant aux besoins fondamentaux de l’enfant :

Sécurité

Relations interpersonnelles (respect et reconnaissance réciproques)

Autonomie

Estime de soi

Expression de soi

Limites RÉALISTES.

Les déficits sévères de ces besoins entrainent le développement de schémas inadaptés à la vie d’adulte.

A ce jour, les chercheurs supposent que l’hérédité joue un rôle dans la formation des schémas. L’hérédité influence le tempérament, qui à son tour influence la façon dont nous sommes traités dans notre enfance ainsi que la façon dont nous réagissons à ces traitements.

Par exemple :

-Ma petite fille est facile à vivre : toujours en forme, toujours gaie. Elle ne pleure jamais sans raison. Aussi, je suis attentif car je sais qu’en cas de pleurs, elle a un rot ou un pet de travers ou encore le nez pris ou une rage de dent. Il est donc simple pour moi en tant que parent de répondre à ses besoins.

-Mon petit garçon est de nature anxieuse, il pleure pour un rien. J’ai renoncé à chercher les causes de ses chouineries. En réponse à cette sensation d’abandon, il est de plus en plus anxieux et j’en viens parfois à être violent tant son attitude m’excède !

Le petit garçon développera donc un schéma de manque de confiance, de soumission à la violence et de carence affective alors que sa sœur sera plus équilibrée.

Les schémas englobent tous les moyens que nous prenons pour recréer les circonstances propices à ce que se rejoue la trame négative de notre enfance (Echec, violence, soumission, rébellion, égocentrisme, effacement, dépréciation etc..). Etrangement, nous sommes convaincus du fait que l’aboutissement à ces culs-de-sacs est entièrement justifié par des éléments extérieurs ; indépendants de notre volonté.

Si de tels scénarios étaient réalistes dans notre enfance, ils représentent des barrières à notre développement d’adulte. Pourtant, nous les reproduisons alors qu’ils ont perdu toute utilité et qu’ils nous conduisent toujours aux mêmes impasses.

L’ironie de cette répétition perpétuelle, c’est qu’elle nous ramène toujours aux mêmes impasses. Ce qui accentue notre sensation de vide intérieur. Nous touchons du doigt une limite qui semble infranchissable. Nous nous sentons victimes d’une mécanique inconsciente qui nous dépasse (nous n’en maîtrisons ni les rouages ni le moteur) et nous croyons incapable de l’enrayer.

Mais, nous ne savons pas faire autrement que ce que nous avons toujours fait.

Les schémas nous rassurent.

En renonçant à un schéma, nous renonçons au confort de savoir qui nous sommes et de quoi le monde est fait. Etrangement, nous nous abritons derrière nos schémas et on si accroche d’autant plus que nous nous sentons déstabilisé.

Voila pourquoi ils sont si durs à dépasser.

Il faut que la souffrance devienne très grande pour que nous prenions le risque de changer.

« -On ne peut pas résoudre un problème par le mode de pensée qui l’a engendré. » Albert EINSTEIN.

Adulte, nous pouvons avoir 4 manières différentes de répondre à nos schémas : la Capitulation, la Fuite, la Contre-attaque et la pleine conscience.

Capitulation :

Je me soumets au schéma et je le renforce.

Ex :     -En imperfection, je m’autocritique avant que les autres ne me critiquent. J’accepte que mon partenaire me manque de respect.

-En abandon : Il est normal que je donne beaucoup plus que je ne reçois. De toute façon, je n’aime pas recevoir (« je ne le mérite pas »).

-En imperfection : Mon chef m’en veut : il m’a fait une remarque (alors que c’était pour me faire progresser).

On maximise le ressenti qui confirme le schéma et on minimise les preuves contraires au schéma.

On perd la logique du réel pour ne capitaliser que ce qui vient confirmer nos schémas. On cultive le cercle vicieux.

Fuite :

On nie l’existence du problème, on se convainc de nos justifications (stratégie de l’évitement).Ex :

-En carence affective : je rejette toute relation intime « -personne n’est à la hauteur, c’est toutes les mêmes… ».

-En imperfection : La honte. « -Je ne parle jamais en public car je n’aime pas ça» « L’humilité est la reine des vertus ».

-Tout m’est dû : Evitement d’effort. « -Je préfère ne pas avoir de projet à long terme, n’hésites pas à me redemander de l’aide au moment venu… »

-En exclusion : Je ne sais pas trouver ma place dans un groupe. « -Je veux rester indépendant, je reste ainsi libre de pouvoir m’impliquer à tout moment. »

-En dépendance : Je suis incapable de décider seul. « -j’ai besoin de travailler en groupe. »

Le schéma provoque une telle détresse qu’on le rejette aux tréfonds de son inconscient, on évite ainsi tristesse, honte, culpabilité et colère. La confrontation à nos schémas nous fait trop souffrir.

Fuite dans les dépendances : alcool, tabac, drogue, boulimie, tocs etc…

En renonçant aux émotions, on calme la douleur, mais aussi, on se prive de l’expérience du plaisir d’exister.

La grande difficulté, c’est que la résolution de nos problèmes et de notre mal-être passe préalablement par la reconnaissance de notre schéma limitant. En cherchant à nous protéger par la fuite, nous entretenons la souffrance (hédonisme de court terme).

Contre attaque :

Comme en schizophrénie (mais ici on choisit), on sépare le moi profond et l’image sociale. On développe une attitude de supériorité par rapport à son schéma. Sentiments, actes, pensées sont ceux d’une personne parfaite et infaillible. Et nous nous agrippons désespérément à ce personnage.

-La star du rock et le leader syndical sont souvent dans un profond schéma d’imperfection (convaincu de ne rien valoir, ils s’accrochent à une très haute image d’eux-mêmes jusqu’à en être détestables).

-Le séducteur est un insatiable carencé affectif (je ne suis pas digne d’être aimer, donc je fuis les sentiments en multipliant les conquêtes).

-Le dépendant hurle à sa femme « -Mais tu n’es pas ma mère !! Je n’ai pas de conseils à recevoir de toi» niant avec force son incapacité à avancer seul dans la vie.

C’est notre attitude typique lorsque nous cherchons à susciter l’admiration. Nous camouflons nos défauts sous une apparence de succès pour éviter d’être dénigrés. Et nous persistons quoi qu’il en coûte à autrui (on peut perdre son job, sa famille, ses amis plutôt que de plier à la reconnaissance de ce que nous pressentons être nos limites).

Ainsi la contre attaque se retourne contre nous :

-La dichotomie entre ce que nous croyons être et l’image que nous montrons nous isole. Nous ne nous sentirons alors jamais aimé car, au mieux les gens auront de la considération pour celui que nous aimerions qu’ils croient que nous sommes. Et au fond, nous savons que ce n’est pas nous….

-Nous refusons toute défaite et notre mauvaise foi nous décrédibilise.

-Nous nions nos échecs.

-Lorsqu’on se sent acculé, nous sommes totalement dévasté. Car, dans le fond, nous sommes convaincus d’être très fragiles.

En pleine conscience :

Nous nous connaissons mieux et nous ne sommes pas dupes de nos schémas. Nous sentons dès le début l’enclenchement du processus. Nous maitrisons nos émotions. Nous choisissons en conscience, l’attitude à tenir. Nos schémas n’apparaissent plus comme des réflexes se mettant en route à notre insu. Nous connaissons notre sensibilité exacerbée face à certaines situations, nous avons appris à réagir de manière différente, plus rationnelle, plus adaptée et plus efficace. Nous ne sommes plus victimes de nos schémas et nous agissons en pleine conscience.

Développer un nouvel état de conscience de soi réclame : auto-indulgence, patience et persévérance.

Il en résulte la sensation d’une force intérieure, d’une sérénité et d’une confiance en soi qui valent bien tout les efforts consentis.

C’est là tout l’objectif du travail thérapeutique.


Pardonner

Le pardon :

Voulez-vous être heureux un instant ? Vengez-vous.

Voulez-vous être heureux toujours ? Pardonnez.

(Henri Lacordaire)

PERPETUER EN SOI MEME ET DANS LES AUTRES LE MAL SUBI

Quand on est atteint dans son intégrité on devient enclin à imiter son offenseur comme si on avait été contaminé par un virus contagieux.

ex : - « parfois j’ai l’impression qu’elle me fait payer les bêtises que son ex-mari lui a fait subir »

       - des nations qui imitent ce qu’elles ont subi par leur agresseur au temps de l’oppression

       - enfants adoptent des comportements analogues à ceux de leur parents dans les situations de stress

Imitation de son bourreau (identification du soi à son bourreau) = mécanisme de défense et réflexe de survie

VIVRE DANS UN RESSENTIMENTS CONSTANT

Vivre caché même inconsciemment demande beaucoup d’énergie et entretient un stress constant

La colère est une émotion saine en soi qui disparait une fois exprimée or le ressentiment et l’hostilité s’installent et demeurent comme attitude de défense et tiennent en éveil contre toute attaque réelle ou imaginaire.

ce stress constant provoque des maladies psychosomatique (problèmes psychologiques traduits en problèmes somatiques)

RESTER ACCROCHE AU PASSÉ

La personne qui n’arrive pas à pardonner n’arrive pas à vivre son présent, bloque son avenir et reste obstinément attachée à son passé. Le fait de ressasser le passé épuise, devient un poids et source d’ennuis.

SE VENGER

C’est la réponse la plus instinctive et spontanée à l’affront. Elle vise à rétablir une égalité fondée sur la souffrance infligée d’une manière réciproque. En vérité, offenseur et offensé s’engagent dans une escalade sans fin  où il devient de plus en plus difficile de juger de l’égalité des coups. Seul le pardon peut briser le cycle infernal de la vengeance et libérer les relations humaines. De plus la satisfaction que la vengeance procure est de courte durée.

DÉMASQUER LES FAUSSES CONCEPTIONS DU PARDON

Nous pardonnons trop peu et nous oublions trop. (Mme Swetchine)

Avant de songer au pardon, il est impérieux de nous débarrasser des fausses idées sur le pardon.

  • Pardonner n’est pas oublier: si pardonner était oublier comment feraient les gens doués d’excellente  mémoire?  Comment peut-on guérir les souvenirs qui ont détruit nos cœurs si on ne s’en rappelle plus? C’est la mémoire guérie qui se libère et peut s’investir dans autre chose que dans la pensée déprimante de l’offense.
  • Pardonner ne signifie pas nier : réaction de défense : se cuirasser contre la souffrance et l’émergence des émotions. il faut  à tout prix reconnaitre ses humiliations, ses hontes, ses blessures,  pour pouvoir les guérir correctement.
  • Pardonner exige plus qu’un acte de volonté : la volonté est appelée à y jouer un gd rôle mais il faut ttes les facultés  comme la sensibilité, le cœur, l’intelligence, le jgt, l’imagination, la foi…..pour un pardon accomplit.
  • Pardonner ne peut être commandé : ou bien le pardon est libre ou bien il n’existe pas. Le pardon ne doit pas perdre son caractère gratuit et spontané. c’est pourquoi la psychologie réfute l’obligation chrétienne de pardonner au profit du droit à bénéficier du pardon, ouvrant la liberté à pouvoir l’accorder : « Pardonne nous nos offenses afin que nous puissions pardonner à ceux qui nous ont offensés ».
  • Pardonner ne veut pas dire se retrouver comme avant l’offense : pardonner ne veut pas dire réconcilier (pour les personnes absentes, mortes ou inconnues la réconciliation est impossible alors que le pardon reste tout à fait possible). Dans les thérapies de deuil, c’est une pratique courante de demander à la personne endeuillée de pardonner à l’être cher disparu, de plus il est faux de penser qu’une fois le pardon accordé la relation ne pourra pas continuer comme s’il s’était rien passé.
  • Pardonner n’exige pas qu’on renonce à ses droits : Pardonner à des agresseurs sexuels, n’est-ce pas les encourager à récidiver? Ne pas confondre le pardon avec la justice.
    Le pardon qui ne combat pas l’injustice, loin d’être un signe de force et de courage, est la preuve de sa faiblesse et de sa fausse tolérance.
  • Pardonner à l’autre ne veut pas dire l’excuser : « je lui pardonne ce n’est pas de sa faute ».Pardonner ne veut pas dire l’excuser c’est à dire le décharger de toute responsabilité morale. La fausse excuse a souvent l’allure d’une manœuvre habile et camouflée qu’on utilise pour atténuer sa souffrance. Car penser que l’offenseur n ‘est pas responsable est moins pénible que penser qu’il a causé le tort en pleine connaissance et en toute liberté. L’excuse facile a deux tranchants; un soulagement mais aussi le mépris l’offenseur : «  tu n’es pas assez intelligente pour être responsable d’une telle faute ». Elle contribue d’avantage à humilier qu’à libérer.
  • Pardonner n’est pas une démonstration de supériorité morale : Celui qui pardonne tente de camoufler son humiliation et sa honte en supériorité de seigneur blessé mais plein de générosité et de miséricorde. La personne qui pardonne dévoile alors sa grandeur morale d’offensée tout en mettant en évidence la bassesse de l’offenseur. Le vrai pardon du cœur s’accomplit dans l’humilité. ex de la femme de l’alcoolique.

LES COMPOSANTES PRINCIPALES DU PARDON

Je ne veux pas ici décrire de façon exhaustive toutes les facettes du pardon qui est en somme très complexe, juste les grandes composantes.

° Le pardon débute par la décision de ne pas se venger : une décision dictée par la volonté de guérir et de grandir même si la pente de l’instinct nous attire dans cette « descente aux enfers ».

°Le pardon demande un retour sur soi pour se guérir: comme un coup dans la fourmilière, l’offense provoque trouble et panique. Grande est alors la tentation de se refuser à prendre conscience de sa faiblesse intérieure et à l’accepter. Plusieurs manœuvres de diversion : nier, fuir, essayer d’oublier, jouer à la victime, chercher le coupable, chercher punition digne de l’affront, s’accuser soi même jusqu’à la déprime, se bloquer ou jouer au héros intouchable et magnanime.

Étape difficile mais obligatoire dans le pardon : un regard lucide et vrai sur soi.

°Le pardon à la recherche d’une nouvelle vision des rapports humains et création d’un ordre nouveau : Le pardon est l’invitation à l’imagination : c’est une innovation versus la logique répétitive et inévitable de la pulsion vengeresse. Délivré de ses liens douloureux du passé celui qui pardonne peut se permettre de vivre pleinement le présent et prévoir pour l’avenir des rapports nouveaux avec tout son environnement. C’est savoir regarder avec des yeux neufs non seulement son offenseur, mais surtout le monde entier. Il s’agit de voir l’évènement malheureux dans un cadre plus large et non resté focalisé que sur la blessure et la douleur.

°Le pardon mise sur la valeur de l’offenseur: Derrière le monstre qu’on voit on découvrira un être fragile et faible comme soi-même, un être capable de changer et d’évoluer.

°Le pardon reflet de la miséricorde divine : Pour un psy béhavioriste, le pardon entre humains est commandé par la peur des représailles et de la destruction mutuelle. Sénèque : « pardonne à plus faible que toi par pitié pour lui; et à plus fort que toi par pitié pour  toi ».

° Le pardon : une forme d’amour portée à l’extrême : Continuer de croire en l’humanité malgré l’offense subie. « On pardonne tant que l’on aime » (Honoré de  Balsac)

ÉVALUATION DES OFFENSES

-Offenses commises par des personnes aimées : en général plus dure à s’en sortir car ces personnes font parties de nous. La gravité de la blessure se mesure moins à la grandeur objective  de l’offense qu’à la grandeur des attentes. Les enfants idéalisent leurs parents et attendent d’eux un amour et une tolérance inconditionnels et illimités.

-Offenses commises par des étrangers : L’offense qui vient d’un étranger doit donc être sérieuse pour que cela cause la perte de la paix intérieure. L’affront infligé par un étranger est d’autant plus traumatisant que l’on ne parvient pas à en percer le motif.

-Les offenses perdues dans le passé: Exemple du travailleur qui a un gros problème avec sa chef de service car, à son adolescence, sa mère affirmait son autorité par la violence. Vingt ans plus tard, n’ayant pas pardonné, son ressentiment empêche toute qualité dans la relation de subordination à une femme.

Le pardon s’adresse à ses proches, aux étrangers, aux institutions, aux ennemis traditionnels et surtout à soi-même.

LES DOUZES ÉTAPES DU PARDON AUTHENTIQUE

1° Décider de ne pas se venger et d’arrêter les  gestes offensants

Exposition à la thérapie de la réalité :

-Vengeance braque ton attention et ton énergie au passé à présent n’a plus d’espace et avenir vide de projets intéressants.

  • Esprit de représailles avive ta blessure, t’empêche de jouir à la paix et du calme nécessaire à la guérison.
  • Pour te venger tu dois imiter ton offenseur, où est votre différence. Et tu vas rentrer dans un cercle vicieux de vengeance à tu te blesseras d’avantage et sortiras avili.
  • Vengeance et les gestes méchants étouffent toute créativité et entravent le developpement personnel
  • tu te sentiras coupable d’utiliser la souffrance d’un autre pour soulager ta propre humiliation
  • esprit de vindicte entraine à condamner sans pitié l’offenseur et tu seras hanté par l’idée que les autres te payent de la même monnaie
  • la riposte créera en toi un état constant de crainte et d’anxiété : tu appréhenderas sans cesse le jour où ton adversaire passera à la contre-attaque.
  • la vengeance nourrira en toi tous les sentiments générateurs de stress : ressentiment, hostilité, colère, haine…

Il faut aussi faire cesser les gestes offensants : ne pas rester les bras croisés alors que l’on vous attaque ! Il faut faire le nécessaire pour arrêter les offenses que l’on vous cause ! Sinon pas de pardon possible et ni de paix intérieure.

2° Reconnaitre sa blessure et sa pauvreté intérieure

Attention aux mécanismes de défenses qui vous cachent vos vrais sentiments!

Défense biologique avec des hormones soulageant la douleur

Défense psychologique ou résistance psychologique : paralysent les effets destructeurs des sensations trop fortes pour ménager l’organisme.

Les défenses psychologiques  pour se protéger des souffrances : le déni, l’oubli, les excuses, gommer le conflit d’un pardon rapide et superficiel

(Résistances émotives : culpabilité = conséquence d’avoir violé une loi ou principe moral ; honte= moi profond est mis à nu et exposé au grand jour. La honte fait découvrir combien on est vulnérable, impuissant, incompétent, inadéquat et dépendant).

Le défi majeur à relever durant la phase émotionnelle du pardon c'est justement de reconnaitre son sentiment profond de honte pour l’accepter, le relativiser, le digérer et l’intégrer .Une fois apprivoisé il deviendra plus simple d’accepter l’impuissance et les limites communes à tous les  êtres humains. Les masques qui camouflent la honte : colère, volonté de puissance, rigorisme moral (fausse grandeur morale), complexe de l’éternelle victime et perfectionnisme.

3° Partager sa blessure avec quelqu’un

Partager son intérieur blessé avec l’offenseur lui même (ou un tiers si cela est impossible).

4° Bien identifier sa perte pour en faire le deuil

Martn Saligman soutient que nous sommes plus blessés par sa propre interprétation que par l’événement lui-même. Bien identifier le degré de blessure causée par l’extérieur. Il faut aussi savoir guérir les blessures de l’enfance.

5° Accepter sa colère et son envie de se venger

« Il faut être psychothérapeute pour sa voir combien il y a d’agressivité refoulée sous le faux pardon. » (Paul Tournier)

Attention aux effets néfastes de la colère refoulée. Le refoulement malsain de l’agressivité cause des sentiments trafiqués. La colère se déplace et s’attaquent alors à des êtres innocents

ex: identification à son bourreau (l’homme qui bat son épouse). De plus la colère inavouée peut être la cause de maladies psychosomatiques.

Ne pas oublier les cotés bénéfiques de la colère  et la maîtriser au mieux pour la mettre à son service.

6° Se pardonner à soi-même

Prendre conscience de la haine de soi-même à On s’en veut énormément sous le coup d’une grande déception. En plus d’être humilié, on se sent submergé de  honte et de culpabilité.

L’origine de la mésestime de soi :

° Déception de ne pas avoir été à la hauteur de l’idéal rêvé

                ° Messages négatifs reçus des personnes signifiantes pour nous

                ° Attaque par des sentiments refoulés (venant nourrir le côté obscur de notre force).

Attention à l’identification à l’agresseur = moyen de survie qui a pour objectif d’échapper à l’état de victime en se substituant à l’offenseur lui-même.

L’acceptation de soi-même avec ses défauts et limites dans l’humilité de n’être jamais qu’humain.

7° Commencer à comprendre son offenseur

Comprendre l’offenseur ne veut pas dire l’excuser et moins encore le disculper. C’est porter un regard plus lucide sur lui pour saisir toutes les dimensions de sa personne et les motifs de sa faute.

Comprendre l’offenseur implique de cesser de le blâmer. Pour mieux comprendre le il faut connaître son histoire et chercher l’intention positive de l’offenseur. Qui sait, on y trouvera peut-être la valeur et la dignité de l’offenseur.

8° trouver le sens de sa blessure dans sa vie

C’est déceler les effets positifs possibles que l’offense aura produits dans ta vie.

La plupart du temps on porte sur les événements des jugements stéréotypés. On voit à travers les lentilles déformantes de nos attentes et de  nos préjugés personnels et culturels ou de l’opinion toute faite de notre milieu. Il faut essayer de trouver un sens plus profond aux événements et regarder dans un tableau plus large que des simples préjugés.

Il faut découvrir les acquis apportés par la perte et  le « connais-toi toi-même » .

9° Se savoir digne de pardon et déjà pardonné par les autres

« Seul celui qui a fait l’expérience du pardon peut vraiment pardonner » (G. Soares-Prabhu)

Avoir bénéficié du pardon est nécessaire pour pardonner. Il faut reconnaître l’immense désir de se savoir aimé et pardonné et avoir la conviction que nous sommes nous aussi digne de pardon.

Mais il y a quelques obstacles à se savoir aimé jusqu’au pardon:

  • il y a des personnes qui se croient impardonnables
  • il y a aussi ceux qui ne croient pas à la gratuité de l’amour et donc du pardon.
  • il y a ceux qui ne sentent nullement le besoin de pardon car ils ne ressentent aucune culpabilité individuelle et sociale.
  • Et il y a  enfin ceux qui considèrent le sentiment de culpabilité et le besoin de pardon comme un manque de maturité et d’autonomie.

10° Cesser de s’acharner à vouloir pardonner si cela ne marche pas

L’acharnement empêche la venue spontanée du pardon. Il faut éviter de réduire le pardon à une obligation morale. Il faut une conviction personnelle pour que le vrai pardon soit accomplit.

11° S’ouvrir à la grâce de pardonner

«  C’est au cœur du pardon que renaît la Création dans sa pureté première » (Philippe Le Touzé)

D’après l’auteur, même Dieu nous pardonne, pourquoi pas nous?

12° Décider de mettre fin à la relation ou la renouveler

Ne pas confondre pardon et réconciliation, on peut tout à fait pardonner et mettre fin à une relation.

On ne peut décider ni le retour de l’offenseur, ni le retour de l’offensé dans la réconciliation.

Pourquoi pardonner :

Un coup dure reçu, surtout s’il provient de la part de quelqu’un que l’on estime, fait imploser l’harmonie intérieure. Alors, des forces antagonistes se mettent en marche en vous et vous empêchent d’avancer. Seul, l’humble pardon que vous accorderez à l’autre et à vous-même vous permettra de rétablir cette harmonie.

Rq : il faut toujours parler de l’offense avec le verbe « avoir » et non pas le verbe « être » :

                  -« Vous avez reçu une insulte »

                  -« Vous avez perçu leurs regards de reproche »

                  -«  Vous avez du supporter la préférence de vos parents pour votre frère »

                  -«  Vous avez subi la mort de votre fils par overdose »

On ramène ainsi l’élément à l’extérieur du thérapé. (Rappel : les éléments sont neutres, seule compte notre interprétation).

Le défi majeur pour accéder au pardon est de reconnaitre son sentiment de honte et de l’accepter. La honte fait découvrir combien on est vulnérable, impuissant, incompétent, inadéquat et dépendant. Sentiment de culpabilité et peur d’être rejeté. Le honteux à la sensation que ses faiblesses sont exposées aux yeux de tous. Il se sent sous la menace du ridicule et du rejet.

Il faut se connecter avec son sentiment de honte, l’accepter et le relativiser. Alors seulement il sera supportable. En acceptant l’impuissance et les limites propres à notre condition humaine, on prend conscience qu’elles sont communes à tous.

Soyons vigilant, la honte se dissimule souvent sous des masques tels que

                  -La colère.

                  -La volonté de puissance.

                  -le rigorisme moral.

                  -Le complexe de l’éternelle victime.

                  -Le perfectionnisme


Principaux obstacles à la TTC

A/ La Contre-attaque :

Plutôt que d’admettre l’existence du schéma, on nie tout en bloc.

Nous blâmons les autres de nos problèmes (le monde ne parvient pas à s’adapter à nous). On ne reconnaît pas nos progrès, la thérapie est trop lente et pas assez efficace.

Solution A1 : Enumérez tous les mauvais choix que vous avez fait dans votre vie. Et si c’était votre faute ? Que ressentiriez-vous ? Et si l’opinion des autres avait quelques fondements ? Qu’est-ce que cela révèle de votre personnalité ?

Efforcez-vous d’accepter vos imperfections. Reconnaissez votre enfance malheureuse, vos désirs frustrés.

Solution A2 : Réduisez graduellement votre investissement dans le travail, votre pouvoir d’achat, votre capacité à impressionner. Faîtes l’expérience de vous sentir comme tout le monde (plutôt que quelqu’un d’unique et de supérieur). Alors seulement, vous commencerez à être disponible au changement.

B/ La fuite :

Très tentant et fréquent. Vous vous empêchez de penser à ce qui vous fait souffrir.

Solution B1 : Revivre les blessures de l’enfance et réparer.

Solution B2 : Rédigez une liste des inconvénients et des avantages de l’évitement. Relisez cette liste quotidiennement.

C/ Soumission :

Vous persistez à tolérer rationnellement l’existence du schéma.

Solution C1 : Ne pas chercher à exploser le schéma, mais l’ébrécher graduellement.

Solution C2 : Fouillez votre vie à la recherche de faits qui remettent en question la validité de votre schéma. Faites-vous l’avocat du diable dans ce schéma. Rédiger une fiche à relire quotidiennement.

D/ Schéma trop difficile à modifier.

Solution D1 : Subdivisez votre stratégie en petites étapes.

Solution D2 : Hiérarchisez les points à modifier par niveau de difficulté et commencez par les plus faciles.

E/ Intellectuellement, vous réalisez que le schéma et erroné mais, émotionnellement, vous reconnaissez toujours sa validité.

Solution E1 : Souvenez vous qu’une prise de conscience peut être soudaine. Par contre, le changement est un long processus.

Solution E2 : Vous pouvez accélérer le changement par un exercice de rencontre entre la partie saine de vous-même et le schéma (Négociation entre les parties).

Solution E3 : Décelez les comportements qui donnent le plus de force à votre schéma. Réfléchissez à la manière de modifier votre comportement en de telles occasions.

F/ Le changement s’enlise par manque de discipline.

Solution F1 : Il faut marteler le schéma pour l’éroder éclat après éclat.

Solution F2 : Observer et reconnaitre les progrès réalisés.


Aperçu psycho-social de la QVT

S’épanouir au travail 

Il y deux siècles, la place sociale de chacun lui était assignée depuis toujours et pour toujours. Les origines sociales et familiales posaient le périmètre des interdits, des droits et des devoirs de chacun. Au siècle dernier, nous n’avions pas à nous trouver socialement : Ce qui déterminait notre statut social, c’était l’entrée dans une entreprise. L’entreprise d’accession à la vie active nous accueillait pour toute la vie. Nous y gravissions quelques échelons, ou pas, avant de partir à la retraite. Freud parlait de « servage ».

La société moderne nous a délivrée de cette destinée systématique et nous devons durement défendre l’identité sociale que notre emploi nous confère. D’après Eric Albert, Psychiatre (Institut Français d’Action sur le Stress) Il y a, de nos jours un tel impératif à s’accomplir au travail que nous nous trouvons toujours en défaut par rapport à la nécessité qu’impose l’époque à se « réaliser » professionnellement. Lacan parlait dans les années 70 d’un «délire d’autonomie ». Cet impératif de choix est très anxiogène. Ce serait, d'une certaine façon, le prix à payer pour être enfin maître de son destin, après que les carcans religieux ou institutionnels ont été brisés. Pour Alain Ehrenberg, directeur de recherche au CNRS, ce basculement s'est produit dans les années 1960. "On est passé d'une société traditionnelle où la question qui se posait à chacun était : "Que m'est-il permis de faire ?" à une société valorisant l'autonomie, où la question devient : "Suis-je capable de le faire ?". Aujourd’hui, il ne s'agit plus de libérer l'individu des contraintes qui l'empêchaient de devenir lui-même, mais de le soustraire à la pression des idéaux qui le contraignent à devenir lui-même", explique le sociologue, qui résume l'anxiété, la dépression et le burn-out en une formule frappante : la "fatigue d'être soi". L'homme moderne est libre de choisir son métier, sa bien-aimée et sa voiture parmi plusieurs marques et des une centaine de modèles. Une chance, à l'évidence. Sauf qu'il se demande d'abord comment faire le bon choix. Puis, après qu'il ait tranché : "Est-ce que je ne vais pas le regretter ?"

Telle une histoire d’amour déçue, notre relation au travail est emprunte d’un fol espoir d’épanouissement durement contredit par les conditions concrètes du travail et de l’emploi.
Cessons de croire que « le métier que je n’exerce pas est forcément plus intéressant que le mien ».
Lorsque notre emploi respecte nos besoins, profitons d’en ressentir du bien être et profiter de la bonne fluidité des relations sociales qui en découle.

Renoncer et aménager ; mais en tout cas sortir de l’ambivalence de vouloir une chose et son contraire: Il est impossible qu’un emploi remplisse entièrement et de manière continuelle nos besoins. D’autant que nos aspirations changent selon les étapes de notre vie. Le bien être professionnel passe par un compromis entre l’évolution de nos exigences et le principe de réalité. L’important est d’accepter que l’on ne pourra jamais tout avoir ! Il est néanmoins indispensable de poser son seuil de flexibilité maximal (condition de travail, accessibilité des objectifs, sous utilisation des compétences, respect des valeurs, latitude décisionnelle, reconnaissance, qualité des relations humaines, densité et intensité des rythmes, adéquation des moyens, perspectives d’évolution…).

« Donne-moi le courage de changer les choses que je peux changer, la sérénité d’accepter celles que je ne peux pas changer, et la sagesse de distinguer entre les deux. » Marc Aurèle

Lutter contre le stress : dans son devoir d’améliorer sans cesse sa compétitivité, le collaborateur tout comme l’entreprise est souvent mis à rude épreuve. Transformer cela reviendrait à réviser en profondeur les fondements de l’économie mondiale et d’accepter la probable décroissance qui en découlerait. Toutes nos angoissent professionnelles ne peuvent pas être éliminées.
Cependant, le non respect de nos besoins fondamentaux engendre du stress qui peut être évité.

En réponse au stress professionnel, trois réactions sont possibles :

           -Le combat : avant que l’usure ne nous empêche d’être efficaces et nous enferme dans des conflits stériles, établissons une relation de confiance avec notre hiérarchie pour exposer nos besoins (Demande de soutien, limitation de la charge, augmentation des marges de manœuvre, réorganisation des processus…). Réexaminons les attentes réciproques : ce que chacun peut apporter de plus et ce qui ne pourra en aucun cas être donné. On lève ainsi bien des malentendus et on remet en route une communication plus respectueuse de soi et du collectif (dans le respect de la compétitivité de l’entreprise et de nos propres limites).

           -La fuite : jouir de notre droit de changer d’employer et de métier, utiliser les moyens de formation et reclassement mis à notre disposition. Alors se pose la question de sa désirabilité sur le marché du travail : quels sont mes compétences techniques (pointues et actualisées) et humaines (savoir-être, créativité, fiabilité, confiance en soi…). C’est peut-être ailleurs que pourra se poursuivre ma construction par moi-même au sein d’une nouvelle équipe.

            -La résignation à ses dépends. Cela résulte d’un engagement calculé : compte tenu de mon investissement dans la structure et de ce que j’en retire, il apparait plus prudent de demeurer dans un fonctionnement qui ne me convient plus, que de prendre le risque de réinvestir un nouveau cadre de travail. C’est dans cette catégorie de collaborateurs sans implications que je rencontre le plus de personnes désabusées et épuisées (et qui, de plus, s’exposent au harcèlement moral !). Lorsque la conscience professionnelle devient un fardeau dont on cherche à s’affranchir, la fierté enchâssée dans la joie de bien faire les choses s’asphyxie.

La motivation : «…Mais il est un monstre plus méchant, plus hideux. Bien qu’il ne pousse ni grand geste ni grand cris, il ferait volontiers de la terre un débris, et dans un bâillement avalerait le monde. C’est l’ennui ! » Baudelaire, « Les Fleurs du mal ».

Aucun travail n’est intéressant ou inintéressant en soit. Il convient de sortir du mythe selon lequel il y aurait des boulots plus intéressants que d’autres. Ce qui est intéressant, c’est seulement la manière de l’appréhender. Notre implication pour une tâche est notamment liée à son caractère répétitif, ses objectifs de challenge accessibles et la considération que nous avons pour notre entreprise.

Notre emploi constitue un moyen de s’exprimer et d’exister et pas uniquement une contrainte économique à laquelle nous nous soumettons.

Pour sortir de l’ennui, il convient de sortir d’une certaine position de passivité et (re)devenir créatif par rapport à la tâche qui nous est confiée. On peut toujours trouver une manière de faire moins absurde, plus rapide, plus créative, plus esthétique ou plus ergonomique….Obtenir de sa hiérarchie le droit d’essayer autre chose. Bref, agir sur son poste. Si à l’évidence, rien ne peut plus changer sur son poste, il est alors temps de se pencher sur les possibilités de changer de poste ou d’entreprise.

Il est indispensable que notre activité professionnelle ait du sens. Le sens que nous donnons à notre travail est non seulement lié aux résultats (la conscience de l’utilité de notre labeur, l’adéquation des moyens pour renforcer l’efficacité de nos efforts) ; mais aussi aux relations avec les autres. Alors que la violence des relations humaines fait écho au harcèlement concurrentiel des entreprises sur leur marché, la part de la responsabilité de chacun dans les rapports sociaux devient primordiale. Savoir écouter et se faire entendre constitue un essentiel du bien être au travail.

Enfin, pour contribuer à notre épanouissement, le travail doit s’intégrer dans une vie qui inclue d’autres engagements et centres d’intérêts. Faute de quoi il phagocyte notre vie privée.